56,5 % des ménages s’estiment pauvres : les vrais chiffres de l ANSD

Le Sénégal aspire à devenir un pays émergent à l’horizon 2035 même si le taux de pauvreté (46,7%) demeure élevé et que l’accroissement démographique annuel est de 2,6%.
Au niveau de l’éducation, les résultats de l’enquête révèlent que dans le primaire le taux brut de scolarisation (TBS) se situe à 84 % alors que le taux net de scolarisation(TNS) est à 61,4 % et que ces taux diminuent au fur et à mesure qu’on avance dans les cycles supérieurs. En outre, la contribution moyenne d’un ménage à l’éducation de ses enfants s’élève à 83 190 francs CFA.
En matière déformation professionnelle, les résultats indiquent que 87,5 % des individus ne disposent d’aucune formation professionnelle.
Quant au niveau d’alphabétisation des populations, il est estimé à 52,9 % avec de fortes disparités selon le genre : 64,4 % pour les hommes contre 43,3 % chez les femmes.
En ce qui concerne l’assainissement, l’enquête renseigne que plus de 35 % des ménages sénégalais évacuent leur fosses septiques avec une pompe automatique.
En outre, l’essentiel des ménages, soit 60,5 %, utilise la rue, la route ou la nature comme principal mode d’évacuation de leurs eaux usées.
Notons que beaucoup d’efforts sont faits depuis un certain temps par les autorités afin de venir à bout les coupures intempestives d’électricité avec notamment, d’abord, le « plan Takkal » et, ensuite, la nouvelle politique énergétique. L’examen des résultats montre que plus de 3 ménages sur 5 au Sénégal ont accès à l’électricité. Cependant, l’accès à l’électricité reste caractérisé par de fortes disparités selon le milieu de résidence. Ainsi, alors que seuls un peu plus de 3 ménages sur 10 disposent d’électricité, le taux d’accès à l’électricité est de 96,1 % à Dakar, et 82,9 % dans les autres villes.
Il résulte aussi de cette enquête de référence que 70 % des ménages sénégalai utilisent le robinet comme principale source d’eau potable avec 47,5 % pour le robinet intérieur, 17,7 % pour celui dans la concession et 5,2 % provenant de celui du voisin.
Par ailleurs, en matière de sécurité, un peu plus du tiers des ménages ne se sent pas en sécurité même étant chez lui. La proportion la plus forte de ménages dans cette situation s’observe dans les autres milieux urbains (37 %).
Durant le mois d’octobre à novembre 2014, les dépenses des ménages se sont élevés à 312 100 000 000 F CFA, soit 31 000 F CFA en moyenne par tête. Un peu plus des deux tiers de ces dépenses sont concentrées à Dakar(46%) et les autres villes (un peu plus du cinquième). Ainsi, alors qu’à Dakar les ménages dépensent plus de 59 300 F CFA en moyenne par personne etpar mois, dans les autres villes la dépense par habitant et par mois est d’environ 28 500 F CFA contre 14 900 F CFA seulement en milieu rural.
Un peu plus de la moitié des dépenses des ménages (58,1 %) est consacrée à l’alimentation et à la boisson non alcoolisée. La part des dépenses alimentaires dans le budget total des ménages est 68,0 % en milieu rural contre 51,9 % dans les autres villes, et 38,9 % à Dakar.
L’insécurité alimentaire affecte près de neuf ménages sur vingt (44,9 %). Elle
surtout très répandue en milieu rural (54,8 %). A Dakar, un peu plus d’un ménage sur trois (33,7 %) est dans une situation d’insécurité alimentaire contre 38,4 % dans les autres villes.
Dans cette enquête, la pauvreté appréhendée est la pauvreté subjective obtenue à travers la perception des ménages sur leurs conditions de vie. Ainsi, les résultats montrent que 56,5 % des ménages s’estiment pauvres ; parmi eux 45,7 % se déclarent très pauvres. La pauvreté est plus marquée dans le milieu rural (69,0 %).La plupart des ménages ruraux pauvres se déclare très pauvres. Elle est moins observée dans la zone urbaine de Dakar où moins de deux ménages sur cinq (38,2 %) se considèrent comme pauvre, parmi lesquels un peu moins du quart
(24,7 %) sont très pauvres.
Concernant le bien-être, les ménages soutiennent qu’il ne dépend pas uniquement du niveau de revenus des membres, mais d’un ensemble de variables dans le domaine de la santé, l’éducation, l’emploi, etc., indépendamment de leur effet sur les revenus. Ainsi, il est dans le meilleur des cas, moyennement apprécié, avec un peu moins des deux tiers des ménages (64,8 %).Cette absence de bien-être est surtout otée dans le milieu rural où un peu plus des trois quarts des ménages (75,7 %) jugent leur niveau de bien-être moyen.
Par choc, on entend un changement brusque survenu dans la vie du ménage ou des individus. Il peut très bien s’agir de choc émotionnel ou d’un événement de force majeure imprévisible et contre lequel l’individu ne dispose pas de moyens de riposte.
Dans l’ensemble, au cours des 12 derniers mois précédents l’enquête, plus de la moitié des ménages (51,9 %) a subi au moins un choc dont 29,5 % en ont connu au moins deux. Les ménages ruraux (plus de 57 %) semblent être plus touchés par les chocs, quel qu’en soit le type.

NB :
Les données sont disponibles sur le site de l’ANSD
 » ENQUETE A L ‘ECOUTE DU SENEGAL 2014 «