Souffrez-vous du syndrome de l’intestin passoire ?

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On parle aussi “d’hyperperméabilité intestinale”, et les symptômes sont surprenants ! Souvent, ce sont des difficultés respiratoires, une bronchite asthmatiforme ou des troubles chroniques qui peuvent donner l’alerte.

Jules a 9 ans, et depuis quelque temps ses parents sont alertés car, pendant son cours de sport comme en balade le week-end, il a la respiration sifflante et présente des symptômes de l’asthme. Sarah, 38 ans, vient de se voir diagnostiquer une thyroïdite (inflammation de la glande thyroïde) alors que ni sa mère, ni sa sœur n’en souffrent.

Ces cas peuvent être – parmi beaucoup d’autres – des symptômes d’une hyperperméabilité intestinale, que l’on retrouve aussi sous l’expression courante d’intestin passoire. Pour comprendre comment un “dérèglement” intestinal peut provoquer une toux chronique, nous avons rencontré Philippe Goeb, médecin homéopathe.

A l’origine : trop de “malbouffe” et de médicaments

Le syndrome de l’intestin passoire se caractérise par le fait que la muqueuse intestinale absorbe des composants qu’elle ne devrait pas normalement absorber. Ses facultés de tri entre nutriments et déchets sont perturbées par un état inflammatoire.

« Cette inflammation est la résultante de plusieurs causes : une alimentation industrialisée comprenant trop de produits tout préparés avec son lot de conservateurs, de colorants, de pesticides, de stabilisants, etc. Il y a également la prise excessive de médicaments (anti-inflammatoires, antibiotiques, cortisone, etc.) qui perturbe la flore intestinale et irrite, elle aussi, la muqueuse. Cette dernière se dégrade et finit par assimiler des substances inhabituelles », explique le Dr Philippe Goeb.

De l’estomac au foie, et du foie aux poumons

Lorsque l’on mange, les aliments passent dans l’œsophage, puis l’estomac, ensuite dans le duodénum où la muqueuse intestinale absorbe les nutriments, laissant passer ce qui ne l’intéresse pas.

Les particules captées par la muqueuse intestinale passent ensuite le sang veineux digestif. Ce dernier est enfin “filtré” par le foie. Rappelons qu’un des rôles du foie est d’épurer ce sang digestif de tous les composants inutiles pour le corps.

« Si l’on a de mauvaises habitudes alimentaires, un grand nombre de particules indésirables vient solliciter la fonction d’épuration du foie de façon excessive, constate le Dr Philippe Goeb. Tôt ou tard, ses capacités d’épuration sont dépassées et ces particules parviennent à la muqueuse bronchique. Pour éliminer ces particules indésirables, autrement dit ces corps étrangers, on constate au niveau local un afflux de globules blancs pour “faire le ménage”. Cet afflux de globules blancs crée un syndrome inflammatoire qui, à son tour, provoque des réactions de défense, spasme bronchique et toux d’irritation. On dit bien que le foie est notre premier filtre et le poumon le second. »

On traite le symptôme, pas le problème de fond

Ainsi, l’hyperperméabilité intestinale peut, dans certains cas, causer des troubles chroniques comme une bronchite asthmatiforme, des maladies auto-immunes, un inconfort digestif chronique, des thyroïdites… « Cela devrait poser un problème de santé publique, affirme le Dr Goeb. Et la prise en charge doit être globale. Il ne sert à rien de traiter le symptôme, l’asthme par exemple, alors que c’est une rééducation alimentaire qu’il faut mettre en place. »

Santemagazine

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