Les hommes et les femmes parlent-ils différemment?

Dans la société actuelle, la question de la différence entre les hommes et les femmes occupe une place primordiale. Si certains chercheurs affirment qu’il n’y a pas – ou peu – de différences entre les deux sexes, nombreux sont ceux qui affirment le contraire ; le psychothérapeute John Gray écrivait ainsi que « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus ».

Si les hommes et les femmes divergent fondamentalement, pouvons-nous supposer qu’ils diffèrent également dans leur façon de parler? C’est du moins ce que pense Jennifer Coates, professeur de linguistique à l’institut Roehampton de Londres et auteur du livre « Women, Men and Language », incontournable sur le sujet.

Dans son livre, Jennifer Coates s’est en effet penchée sur le principe de « communicative competence », autrement dit la compétence communicative, celle que nous assimilons inconsciemment en grandissant et qui nous dicte ce que nous pouvons faire selon le principe de convenance – quand parler, quand se taire, sur quoi parler, etc.

Selon ce professeur, l’étude de la compétence communicative prouverait que les hommes et les femmes parlent bel et bien différemment: les hommes parleraient plus, jureraient plus, utiliseraient plus souvent l’impératif et les interruptions afin de dominer une conversation. Les femmes poseraient en revanche plus de questions et seraient, de façon générale, plus polies.

Ces « différences » entre la façon de parler des hommes et des femmes seraient cependant, toujours selon Jessica Coates, la conséquence de l’éducation administrée aux enfants. Hommes et femmes joueraient en effet un rôle important dans la perpétuation d’une distinction des genres dans la façon de parler, car ils transmettraient différents carcans – notamment à travers les commentaires qu’ils font sur les injures ou la politesse –  à leurs enfants, en fonction du sexe de ceux-ci. Les enfants s’identifieraient ensuite au « parfait modèle langagier » que les adultes de même sexe représentent à leurs yeux et reproduiraient ainsi les mêmes codes langagiers. Les stéréotypes langagiers liés aux hommes et aux femmes semblent ainsi difficiles à éradiquer, tant ceux-ci restent profondément ancrés dans notre inconscient.

7sur7.be

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