La prescription de pas, un traitement efficace contre le diabète de type 2

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Les personnes atteintes de diabète de type 2 seraient-elles en meilleure santé si leur médecin leur prescrivait des pas ? Oui, affirment formellement des chercheurs canadiens qui vantent une nouvelle fois les bienfaits de l’activité physique face à cette maladie.

La marche peut-elle faire baisser le diabète ? C’est ce qu’estiment des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (Canada) dont l’étude affirme qu’il s’agit là d’un traitement simple mais qui fait ses preuves. Le diabète se caractérise par une hyperglycémie chronique, c’est-à-dire un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose (glycémie) trop élevé.

Le diabète de type 2, le plus fréquent, est favorisé par une insulino-résistance, une baisse de sensibilité des cellules à l’insuline ce qui en entraîne un besoin accru auquel les cellules sécrétrices du pancréas finissent par ne plus pouvoir répondre. Sa prévention et sa prise en charge passent prioritairement par une bonne hygiène de vie. Chez ces patients, les chercheurs affirment que la prescription formelle de marche par un médecin, combinée à l’utilisation d’un podomètre peut apporter des bienfaits mesurables pour leur santé: une baisse de la glycémie et de la résistance à l’insuline.

Ce traitement permet aussi d’augmenter de 20% le nombre de pas quotidiens réalisés, car comme l’indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il est conseillé d’effectuer 10.0000 pas quotidiens pour préserver sa santé et maîtriser son poids. De même, elle recommande 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par semaine pour réduire le risque de maladie cardiovasculaire et d’hypertension artérielle. Or, les occasions d’être physiquement actif ne cessent de se raréfier tandis que la prévalence de la sédentarité augmente dans la plupart des pays, un problème de santé publique majeur.

Mieux mesurer son activité physique

« En tant que médecins, nous devons voir la réalité en face et admettre que dans bien des cas, demander aux patients d’être plus actifs n’est tout simplement pas la solution, explique le Pr Kaberi Dasgupta, principale auteure de l’étude. Beaucoup de gens voudraient être plus actifs, mais il est très difficile de changer les comportements. L’idée de cette étude est d’envisager le calcul du nombre de pas effectués par le patient comme un traitement, voire pratiquement comme une médication. »

Le travail des chercheurs met l’accent sur la prévention et la prise en charge des maladies cardiovasculaires chez les personnes souffrant de diabète ou à risque de présenter un diabète. Ils s’intéressent depuis de nombreuses années à l’incidence du comptage des pas sur la santé des individus. « Les gens font de l’exercice à différents moments de la journée, il peut donc être compliqué d’évaluer la distance totale parcourue. En comptant ses pas, on peut plus facilement mesurer son activité physique, notamment si l’on ne court pas ou si l’on ne va pas au gym », ajoute le Pr Kaberi Dasgupta.

De multiples bienfaits

Les chercheurs ont fait appel à 364 patients et 74 médecins dans différents hôpitaux de Montréal. Pendant un an, tous les participants suivaient leur routine médicale habituelle avec leur médecin, mais certains d’entre eux ont dû effectuer en plus un nombre de pas donné à l’aide d’un podomètre. Les résultats ont montré que les patients qui se sont vus prescrire de la marche avaient effectué 1.200 pas de plus par jour en moyenne que les autres.

Et chez les deux tiers d’entre eux, une baisse de la glycémie et parfois une amélioration de la résistance à l’insuline ont été notées. « Cette démarche doit s’inscrire dans leur pratique au quotidien, et être ajoutée aux directives de santé publique », concluent les chercheurs, qui souhaitent pousser cette étude, et les patients, plus loin encore. En France, un décret d’application autorise depuis début mars la prescription par un médecin d’une activité physique adaptée aux personnes inscrites en Affection Longue Durée (ALD), dont les diabétiques.

Chez ces patients, « l’activité physique régulière joue un rôle essentiel dans le traitement, au même titre qu’une alimentation équilibrée et les médicaments », affirme la Fédération Française des Diabétiques. Celle-ci est considérée comme un élément clé dans la gestion de cette maladie car parmi ces nombreux bienfaits, « elle diminue les risques de complications associées  (rétinopathie, néphropathie, accident cardiaque et accident vasculaire cérébral) », souligne la FFD. A condition cependant de toujours la combiner avec une bonne hygiène de vie.

Santemagazine

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