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dimanche,26 février , 2017.
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Comment concilier vie de maman et vie professionnelle ?

De nos jours, les femmes ont gagné leur autonomie financière et font carrière. Il n’empêche, elles ne sont pas moins (sur)investies dans les affaires domestiques et l’éducation des enfants. Quatre passionnées, nous ont livré leur secret pour concilier vie de maman et vie professionnelle.

Depuis que les femmes travaillent, peut-être est-ce l’inconnue la plus mystérieuse de toutes les équations. Celle qui, selon le dernier baromètre des mamans (Institut des mamans), taraude 69 % des mères actives et que toutes s’évertuent à résoudre : comment concilier vie de maman et vie professionnelle ? Une opération qui prendrait en compte les facteurs épanouissement et sérénité, tout en mettant en retenue ce qui est burn-out et débordement. Entre la mère et la travailleuse, la variation d’une fonction à l’autre est bien trop souvent difficile, et 66 % des interrogées reconnaissent que l’arrivée de leur enfant a eu un impact sur leur travail. Sans parler des tâches ménagères – que les femmes assument encore à 80 % ! Et pourtant, quelques fortes têtes ont décidé de ne pas se laisser piéger par un quotidien aliénant. Pour elles, pas question d’additionner jour après jour des éléments dans leur colonne frustration. Leur réussite : avoir fait de leur vie un tableau à double entrée où les solutions se calculent selon les besoins de la famille et leurs propres envies. Pour elles, le compte est bon. Déchiffrage !

Mary Patrux, la voyageuse

37 ans, journaliste-présentatrice sur BeinSports, maman de Louise, 7 ans, et de Paul, 2 ans.

« J’adore mon métier et je n’ai jamais considéré mes enfants comme un frein à ma carrière. Je ne m’interdis rien à cause d’eux et il m’arrive de partir des mois entiers pour couvrir des championnats. Le secret pour que ça marche ? Le soutien total de mon mari. On s’encourage dans nos carrières et notre bien-être passe par notre épanouissement professionnel. C’est peut-être pour ça qu’on arrive toujours à trouver une solution pour les enfants. Quant à mes absences, je fais en sorte de ne pas les présenter comme un drame mais plutôt comme une occasion de multiplier les soirées pyjamas, les visites chez les grands-parents… Et ma fille a vite compris que mes voyages étaient synonymes pour elle de cadeaux ! En revanche, quand je suis à la maison, je ne réponds pas au téléphone et j’organise des super sorties pour la famille. Ce qui est sûr, c’est que la maternité m’a donné encore plus envie de réussir et de prouver de quoi j’étais capable. Et pour cause : quand j’étais enceinte de mon aînée, mon employeur de l’époque n’avait pas apprécié… Finalement, peut-être qu’il m’a rendu service en me mettant au défi ! »

Marie, la nocturne

34 ans, auxiliaire-puéricultrice de nuit, maman de Noa, 8 ans, de Maé, 5 ans, et d’Eden, 2 ans.

« Avec trois enfants, un mari en déplacement deux fois par semaine et un travail de nuit, ma vie passe par une organisation quasi militaire ! J’adore mon métier et je n’ai jamais eu envie d’arrêter pour mes enfants. En revanche, j’ai choisi de l’exercer de nuit et à mi-temps : en horaires de jour, les gardes de 12 heures ne me permettraient jamais de voir mes garçons. C’est vrai, le rythme est très soutenu, et quand la fatigue est trop lourde, je n’hésite pas à m’accorder une pause détente. Aussi, j’avoue : j’ose me plaindre de cette pression constante à devoir assurer dans tout ! Un peu de reconnaissance ne fait jamais de mal et suffit souvent à me rebooster. Aujourd’hui, je suis toujours aussi passionnée mais j’ai envie d’un cadre pro plus souple. Je ne veux pas risquer l’épuisement. Il en va du bien-être de ma carrière, et surtout de mes enfants ! »

Laurence, la reconvertie

40 ans, nouvelle sophrologue, maman de Lana, 12 ans, et de Ben, 8 ans.

« Avant, j’étais audioprothésiste et je travaillais à temps partiel. J’avais du temps pour moi et mes enfants, mais je n’étais pas épanouie. J’étais physiquement avec eux mais l’esprit bien souvent ailleurs, tracassée par une forme de lassitude et un besoin d’accomplissement.

Finalement, j’ai entrepris une formation de sophrologue. Une révélation… pour moi, mais aussi pour mes enfants ! En fait, ils étaient totalement perméables à mon malaise, et c’est eux que j’envoyais chez le pédo-psy… Aujourd’hui, peu importe la quantité de temps que je passe avec eux, j’ai compris que c’est surtout la façon dont on en fait bon usage qui compte. Alors oui, je suis un peu moins présente, mais beaucoup plus disponible. Il fallait que je trouve ma voie pour que mes enfants soient aussi heureux. Preuve qu’ harmonies professionnelle et familiale sont liées : la psy de ma fille a constaté qu’elle n’avait plus besoin de séance ! »

Julia, la bûcheuse

36 ans, architecte, maman de Clara, 6 ans, et de Jonas, 4 ans.

« Architecte n’est pas un métier, c’est une passion. Les projets que l’on monte sont un peu nos bébés et nous prennent beaucoup de temps, parfois au détriment de nos enfants. C’est pourquoi plutôt que d’avoir une augmentation, j’ai préféré avoir un jour libre par semaine. C’est un sas de décompression, et le weekend, je profite vraiment des petits. Quand je me déplace sur les chantiers, je préfère partir (très) tôt de la maison et rentrer tard, quitte même à rater le coucher des loulous mais je tiens à ce qu’ils s’endorment en sachant que Maman rentre. Alors oui, c’est fatigant, n’empêche, je trouve ça important de leur inculquer par l’exemple la valeur du travail. Si je tiens tant à mon job, c’est aussi pour leur montrer qu’on peut être animé par une flamme et leur donner envie de trouver leur vocation. Pour eux, je n’hésiterais à trouver une activité moins prenante, mais arrêter totalement de travailler, jamais ! Ma vie de maman se nourrit de mon travail, et inversement. »

L’avis de l’experte Marlène Schiappa,

Fondatrice du réseau Maman travaille, et coauteure de J’arrête de m’épuiser ! (éditions Eyrolles).

« Trouver son équilibre entre sa vie de maman et sa vie professionnelle est bien évidemment possible, et passe par un gros effort de déculpabilisation.

Il est nécessaire de faire un travail sur soi, de réévaluer ses propres ambitions, ses propres limites et reconnaître qu’on n’est pas wonderwoman. Il faut sortir du cliché qui veut que la bonne mère prépare des tartes aux pommes maison à chaque kermesse tout en menant la carrière de Hillary Clinton. La normalité n’est pas d’être parfaite, mais de faire des erreurs et de se les pardonner, surtout que les enfants finissent vite par oublier. Ce qui compte pour eux, c’est d’avoir une mère épanouie. De fait, on ne dit plus à ses enfants la mine contrite que l’on va travailler pour gagner de l’argent, mais parce qu’on aime son métier ! Et on assume aussi d’avoir une vie sociale en dehors de la maison.

C’est d’autant plus sain pour son enfant que cela lui enlève une grosse pression : celle de croire qu’il est toute la vie de sa mère ! »

Magicmaman.com

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