Voile Intégral…Eviter de tomber dans la psychose : le ministre de l’Intérieur doit sévir

Il est fait état dans la presse d’une correspondance adressée par le Président de la Guinée à son homologue du Sénégal qui se trouve être aussi le Président en exercice de la CEDEAO, dans laquelle il aurait déclaré que « les terroristes agissent sous le couvert du voile intégral pour commettre leurs attentats » Si cela était vérifiée, il serait très facile de lutter contre le terrorisme.
La hantise de l’attentat, la volonté de plaire aux forces qui stigmatisent l’islam ne doivent pas faire perdre la clairvoyance.
Ceux qui n’ont pas peur de mourir et sont heureux de tuer n’ont pas besoin de se couvrir le visage pour commettre leurs actes.
Il est temps de prendre conscience, si nous voulons gagner la bataille, que l’interdiction de la burqua comme des tenues indécentes avant d’être une question de sécurité est un combat culturel, car ce que nous connaissons au Sénégal, c’est vivre et échanger avec des personnes qui acceptent d’être identifiées.
Nous savons que pour camoufler une ceinture pour se faire exploser on n’a pas besoin de caftan, à plus forte raison de la burqua.
On est en face d’un phénomène nouveau dans son monde opératoire et son ampleur, qui pousse certaines autorités à adopter des attitudes qui semblent indiquer qu’elles ne savent pas encore où donner de la tête, au moment où les peuples ont besoins d’être rassurés.
La situation actuelle dans le monde montre qu’un gouvernement qui veut lutter efficacement contre le terrorisme ne peut faire l’économie d’un réexamen de cette politique qui excluent de plus en plus de couches populaires des centres de décision et de toute possibilité de promotion sociale, qui exclue, stigmatise et installe à la tête des Etats des minorités qui usent et abusent du produit des labeurs des masses populaires.
Le monde ne peut, s’il veut éviter, un embrasement par les actions terroristes, ignorer la responsabilité des forces impérialistes dans le désespoir, la psychose, l’instabilité et la désolation qui s’installent dans presque tous les pays.
L’action néfaste des forces dominatrices a pour conséquence aujourd’hui :
• L’obligation pour nos pays pauvres de se lancer dans une course sans fin aux armements au détriment des investissements porteurs de développement
• La régression des pays où les puissances sont intervenues prétendant combattre le terrorisme ou la dictature : (Irak, Libye, Tunisie, Syrie, Palestine, Mali…). Elles y ont semé le désespoir, la désolation et la pauvreté.
Combien de milliers d’innocents sont morts dans des conflits qu’on habille du voile de la protection de la démocratie et des droits de l’homme, quand ils ne sont motivés que par des intérêts économiques.
L’incident de la porteuse de burqua qui a été agressée par un homme qui l’accuse de terroriste est grave parce que conduisant inévitablement à des violences inutiles.
Le motif ou prétexte de la bastonnade subie par cette dame à Ouakam est qu’elle aurait piétiné par inadvertance un jeune qui a décidé de la corriger.
La sécurité des personnes et des biens relève de la responsabilité de l’Etat, comme du reste le pouvoir de coercition pour faire respecter les lois et règlements.
Cette bonne dame qui est allée au marché, a dû faire ses achats sans problème et espérer retourner chez elle, s’occuper de ses enfants.
N’est-ce pas là une façon de semer la terreur dans le camp des porteuses de burqua ?
Son forfait accompli, le monsieur, sorti d’on ne sait où, s’en est allé tranquillement. Il est permis de penser que les services de sécurité prendront toutes les dispositions utiles pour retrouver cet agresseur pour que lui et ceux qui pourraient tenter de l’identifier pour le corriger à son tour comprennent que l’Etat ne permettra à personne de se faire justice.
On doit reconnaitre que ces incidents sont favorisés par une mauvaise communication des autorités sur les mesures à prendre pour assurer la sécurité de notre pays.
Dans un article récent, je tirais déjà la sonnette d’alarme en indiquant que : « la gravité des attentats dans le monde ne doit pas conduire à des discours alarmistes qui installent la psychose et peuvent amener les populations à mettre sur pieds des organisations d’autodéfense et verser dans les excès, les règlements de comptes, la stigmatisation, et les bavures de toutes sortes. »
Le ministre de l’intérieur doit veiller à ce qu’on n’arrive pas à une telle situation ou y mettre un terme si nous y sommes.

Déthié Faye
Président de la CDR/fonk sa kaddu