Un marché de gré à gré de 3 milliards signé par…

Y aura-t-il donc que des gré à gré dans la procédure de passation du marché de construction de l’autoroute Aibd-Mbour-Thiès? Au départ, une entente directe polémique de plus de 470 millions de dollars (environ 235 milliards de Cfa), la construction de l’autoroute Aibd-Mbour-Thiès, sur financement d’Exim Bank, a été confié au Groupe China International Water & Electric Corp, par l’Etat du Sénégal.

Aujourd’hui, un autre gré à gré, vient s’ajouter à cette grosse entente directe. En effet, l’Ageroute vient d’obtenir l’aval de l’autorité de régulation des marchés publics pour signer un contrat par entente directe avec le groupement Louis Berger/Sc Afrique/Gic qui devrait couter plus de 3 milliards de Cfa.

La Dcmp refuse, l’Armp autorise

En effet, l’Agence, dans son argumentaire, explique qu’elle veut recourir à l’Assistance à la maitrise d’ouvrage (Amo) pour la bonne réussite du projet. Une assistance qu’elle veut confier au groupement Louis Berger/Sc Afrique/Gic, qui était titulaire du contrat initial de supervision des travaux de construction de l’Autoroute Aibd-MbourThiès. L’Ageroute soutient que le choix de Louis Berger/Sc Afrique/Gic permet de respecter les délais contractuels dans l’accord avec Exim Bank China en capitalisant la durée nécessaire au processus de sélection d’un Amo. De plus, argumente l’agence, une mise en concurrence normale arrêterait les travaux pendant tout le processus de passation du marché. Ce qui, selon elle, engendrerait des coûts supplémentaires à la charge de l’Etat. «En ce qui concerne le lien entre le contrat initial de supervision des travaux et celui envisagé sous forme d’Amo, Ageroute estime ne pouvoir signer un avenant ou un marché complémentaire compte tenu, d’une part, du taux d’exécution du contrat initial, estimé à 80%, et d’autre

part, de la valeur des prestations attendues dans le cadre de l’Amo, estimée à plus de 3 milliards de francs Cfa», ajoute Ageroute dans son argumentaire.

La Direction centrale des marchés publics, consultée en premier par Ageroute, avait refusé de donner son aval, faisant observer que les motifs invoqués par Ageroute n’entrent pas dans le champ d’application de l’article 76 du code des marchés publics. L’Armp elle, a béni la signature dudit contrat par entente directe. Elle estime avoir constaté le lien entre les prestations initiales de supervision et celles d’Amo ainsi que l’urgence qui s’attache au projet et les risques encourus en cas de lancement d’une nouvelle procédure de consultation.