Taxaw Temm de Ibrahima Fall dénonce les discriminations envers les Handicapés

TAXAW TEMM EXIGE L’APPLICATION EFFECTIVEET TOTALE DE LA LOI D’ORIENTATION SOCIALE AU BENEFICE DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

Lors de la réunion hebdomadaire de son Secrétariat Exécutif tenue le 16/06/2015, le Mouvement Taxaw Temm, a abordé entre autres questions, celle concernant les conditions de vie déplorables des personnes en situation de handicap.
UNE DISCRIMINATION SOCIALE INTOLERABLE
Sur la population de 13 millions d’habitants que compte le Sénégal, ont été recensées environ 10 à15% de personnes en situation de handicap: des personnes avec une limitation d’activité ou une restriction de participation à la vie en société en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou trouble de santé invalidant.
Ces concitoyens subissent à la fois la précarité socio-économique de tous et l’exclusion discriminatoire dû à leur handicap. Ils doivent franchir d’énormes obstacles pour accéder aux services sociaux de base existants, ainsi la plupart parmi eux vivent à la charge des parents ou grâce à la mendicité; ce qui est insupportable pour l’intéressé lui-même, son entourage, et devrait l’être pour l’ensemble des Sénégalais.
UNE LOI INNOVANTE AVEC UNE MISE EN OEUVE D’UN AUTRE AGE
Pour essayer d’améliorer la situation des personnes avec un handicap, une Loi d’Orientation Sociale a été votée en 2010. Elle est considérée comme révolutionnaire de par les dispositions prévues pour l’accès aux soins, la mise en œuvre d’actions sociales et de prévention, l’éducation et la formation professionnelle, l’accès à la terre, à l’habitat, aux transports, aux moyens de communication, le droit au sport, aux loisirs, aux arts et aux activités culturelles.
La mise en œuvre de cette loi est parsemée de lenteurs suspectes. Il a fallu dix (10) ans entre 2001, année du projet de loi en conseil des ministres du régime de Abdoulaye Wade, et 2010 pour que le parlement adopte cette loi; ensuite, deux (2) ans pour obtenir tout simplement la promulgation du décret d’application en 2012 par le président Macky Sall. Aujourd’hui que la loi et le décret existent, leur application pose problème puisque trois ans après, pratiquement rien de substantiel n’est encore fait pour sa mise en œuvre.
Des lenteurs inacceptables face à l’urgence des situations des personnes concernées, et qui reflètent bien le niveau de la volonté politique des autorités du pays dans ce domaine. L’établissement d’une carte d’égalité des chances pour permettre à son détenteur d’avoir un accès beaucoup plus facile aux différents services sociaux de base vient de démarrer avec des délais de délivrance insupportables. Ensuite, rien de concret pour la mise en place de la haute autorité chargée de la promotion et de la protection des droits des handicapés, rien non plus dans l’implication des collectivités locales dans les mesures concrètes sur l’éducation, la santé, la formation et l’emploi qui sont des compétences transférées.
Le mouvement Taxaw Temm, lance donc un appel aux autorités pour qu’elles accélèrent la mise en œuvre de cette loi afin que les centaines de milliers de nos concitoyens puissent jouir de protection face à leur extrême vulnérabilité. Il faut que les services en charge de cette affaire fassent preuve d’abnégation et de célérité pour cette tâche à la fois républicaine, solidaire et humaniste. Aussi des mécanismes d’audits réguliers doivent être institués dans la mise en œuvre pour parer à toute tentative de détournement d’objectif et d’exploitation politique.
D’autre part, Taxaw Temm recommande aussi aux associations de faire preuve de grande responsabilité pour taire les querelles afin d’éviter cette forte tentation des Sénégalais à la division; il faut qu’elles soient plus solidement fixées sur les défis de la mise en œuvre de la totalité de cette loi.
Il faut certes dénoncer les retards, mais néanmoins encourager les efforts de l’Etat pour faire sortir cette partie de notre population de l’exclusion sociale.

TAXAW TEMM