Talibé tué aux parcelles Assainies…Le marabout dément avoir battu l’enfant

Retour sur le drame de l’Unité 12 des Parcelles assainies avec le talibé Moussa Cissé (âgé de 13 ans et originaire de Touba) qui est décédé après avoir piqué une crise suite à une bastonnade de son maître coranique Serigne Omar Kane. Après les accusations de la mère et des oncles de la victime qui ont conduit à l’arrestation du marabout, la famille de ce dernier est montée au créneau pour rejeter les accusations de coups ayant entraîné la mort,  portées par Ahmet Cissé, le témoin oculaire qui n’est autre que le grand frère de la victime avec qui il était dans le même daara. Baye Modou Ndiaye, demi-frère du maître coranique commence par se poser une question : « Ce qui m’étonne dans cette affaire avant que je n’entre dans les détails, c’est comment peut-on accuser une personne de meurtre alors que l’autopsie l’attestant n’a pas encore été faite ? »

Son interrogation passée, il renseigne : « Au moment où je vous parle, le corps de la victime a quitté la morgue de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni ce mardi à 14h pour être acheminé sur Mbour chez un médecin légiste.. A l’en croire, il n’y a que l’autopsie qui peut dire les causes de la mort et il a « bon espoir que le rapport déterminera autre chose que des coups et blessures ayant entraîné la mort ». Car Baye Modou Ndiaye souligne que « l’enfant était souvent sujet à des crises d’épilepsie, cela lui arrivait souvent dans le mois. Son père qui se trouve aux Etats-Unis avait entièrement confiance au marabout Serigne Omar Kane dont la pédagogie est reconnue de tous les habitants des Parcelles assainies ».

D’ailleurs, révèle Baye Modou Ndiaye, « lorsque l’enfant est décédé, c’est Omar Kane lui-même qui a appelé le père de l’enfant qui se trouve aux Etats-Unis pour le lui notifier ». A l’en croire, « le père s’en était d’abord remis à Dieu, mais avait toutefois sollicité un certificat de décès pour les besoins administratifs. Ils étaient même tombés d’accord pour que Serigne Omar Kane ramène le corps à Touba auprès de son marabout et de ses parents qui sont là-bas pour l’enterrement au cimetière de Touba ». A ce propos, il indique: « Serigne Bass Mor Mbacké, marabout du père de l’enfant attendait le corps au centre des pompes funèbres qui se situe en face de la Grande mosquée ». Seulement, ajoute-t-il, « à notre grande surprise, un de ses oncles s’est opposé à l’enterrement arguant qu’il avait déjà fait une déclaration à la gendarmerie pour être édifié sur les vraies raisons de la mort du talibé ». Visez la suite…

Baye Modou Ndiaye raconte qu' »ils ont transporté le corps dans une ambulance vers la gendarmerie. Quand nous sommes arrivés sur place, les gendarmes ont demandé le lieu où habitent les parents avant de nous renvoyer à la police parce que Sourah ne fait pas partie de leur zone de compétence ». C’est ainsi, dit-il, qu’ils sont directement retournés à la morgue de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni parce que ne pouvant pas garder le corps sans le mettre au froid. Ils sont ensuite allés voir le commissaire qui leur a demandé de faire examiner le corps par un médecin de l’hôpital avant qu’il ne puisse agir. Le médecin qui n’est pas un légiste n’a fait que constater un décès et écrire un papier leur signifiant que seul un légiste peut attester des vraies raisons de la mort. « Nous sommes retournés avec ce papier auprès du commissaire qui a entendu le mis en cause avant de l’arrêter et le garder à vue pour les besoins de l’enquête ».

Mais révèle-t-il encore : « Avant tout cela, la famille du talibé avait demandé quelques heures pour discuter entre eux pour voir s’ils vont saisir la justice ou non. A l’issue de la discussion, il a été décidé que la justice ne serait pas saisie et qu’il n’y aurait pas de plainte. Mais dans la nuit du dimanche, une des sœurs de la victime a publié la photo du talibé sur facebook et a parlé de meurtre. Elle avait aussi dit dans les réseaux sociaux que la famille allait saisir la police, c’est ce qui a tout chamboulé ». Selon Baye Modou Ndiaye, « c’est ainsi que la justice est entrée en jeu. Mais pour l’instant la famille rejette la thèse du meurtre. Le maître coranique m’a dit que le talibé a été battu, mais pas sévèrement, juste une petite bastonnade pour l’inciter à réciter sa leçon, car il n’est pas mort immédiatement après la bastonnade, mais bien après qu’il a piqué une crise comme à son habitude ».