Sa copine avorte de son bébé…il la tue d’un coup de couteau

Les juges de la Chambre criminelle de Dakar ont condamné, hier, Abdoulaye Camara à 20 ans de travaux forcés. Ils reprochent à l’accusé d’avoir administré un coup de couteau à sa concubine qui a rendu l’âme quelques heures après son évacuation à l’Hôpital Général de Grand-Yoff (HOGGY).

Abdoulaye Camara a comparu, hier, devant la barre de la Chambre criminelle de Dakar pour meurtre. En effet, les éléments de la police de Guédiawaye ont été informés qu’une dame venait d’être poignardée et qu’elle perdait beaucoup de sang. En effet, les clients de l’auberge « Chez Léon » où les faits se sont produits ont évacué la victime à bord d’un clando à l’Hôpital Général de Grand-Yoff (HOGGY) où elle rendra l’âme quelques minutes plus tard. Auparavant, l’accusé a été maintenu par une foule jusqu’à la venue des limiers. Sur place, les policiers ont découvert un couteau taché de sang. Interrogé par les enquêteurs, Camara a déclaré que la victime était sa concubine et leur relation était célèbre à tel point que plusieurs personnes étaient au courant. Ils vivaient un véritable amour jusqu’au jour où la dame a contracté une grossesse. Le sieur Camara veut à tout prix voir son enfant naître tandis que la dame soutient le contraire. Sur ce, la dame est allée voir un professionnel pour interrompre volontairement cette grossesse. Ainsi, une bagarre a éclaté entre eux car, Camara reproche à sa petite amie d’avoir tuée son enfant. Ils seront envoyés à la police avant qu’une médiation des deux familles leur fasse sortir de taule. Il faut dire que depuis ce jour, leur relation a pris une autre tournure. Comme le malheur ne vient jamais seul, la dame a surpris son copain, quelque temps après, avec une autre femme. Sous le coup de la jalousie, elle a traité son chéri de tous les noms d’oiseaux. Selon certains témoignages, c’est ainsi que Camara a administré un coup de couteau à sa copine. À en croire Albert Mendy, le jour des faits, une bagarre a éclaté entre eux et la dame a demandé au mis en cause de lui foutre la paix et de ne plus jamais lui adressé la parole.

Le juge confirme le procureur dans son réquisitoire
Le témoin a également déclaré à la police que le couteau utilisé par le mis en cause ne faisait pas partie des couverts de l’auberge. À la barre de la Chambre criminelle, hier, l’accusé a servi une autre version. À l’en croire, la victime s’est présentée à lui comme vivant une situation de pauvreté grave dans sa famille. Sur ce, il a promis de l’aider en commençant d’abord par lui louer une chambre avant d’aller voir sa famille. L’accusé a également déclaré qu’il s’en est suivi une relation amoureuse et il avait même promis de la marier. Malheureusement, poursuit-il, leurs parents n’étaient plus d’accord pour le mariage à cause de la grossesse. Selon le mis en cause, la dame a tenté d’interrompre la grossesse. Quand la dame est guérie, soutient toujours l’accusé, elle est venue le retrouver en lui menaçant de lui faire la fête. C’est ainsi qu’il a pris peur et s’est saisi des couverts de l’auberge et l’a poignardé sans savoir à quel endroit du corps.
Invité à faire ses réquisitions, le parquetier a relevé des contradictions dans les déclarations de l’accusé quant à la provenance du couteau. Selon lui, deux couteaux ont été retrouvés sur la scène du crime. Parlant justement du couteau, le parquetier a déclaré que l’accusé a atteint l’artère pulmonaire donc aucune chance de survie pour la victime. La zone visée décrit une intention manifeste de donner la mort. Sur ce, il a demandé à la Cour de rejeter la légitime défense et la provocation. Il a requis 20 ans de travaux forcés.
Pour sa part, la défense a demandé la requalification des faits en coups mortels avant de plaider pour une application bienveillante de la loi pénale. En rendant sa décision, la Cour a suivi le parquetier dans son réquisitoire en condamnant l’accusé à 20 ans de travaux forcés.