Pourquoi Karim Wade suivra Aida Ndiongue…Le Roi du Maroc n’est pas étranger à la décrispation avec Macky

Aida Ndiongue est libérée, après deux ans de détention carcérale. Le pouvoir banalisera. Beaucoup diront que c’est la justice qui a fait son travail. Mais, ce n’est pas une victoire de la justice. C’est plutôt le triomphe de la vérité contre le règlement de compte, la démesure et de la forfaiture.
Tous les regards se posent sur Karim Wade et ses autres codétenus. Partout, les Sénégalais disent que c’est lui qui suivra. Mais au-delà de ces supputations, se posent les raisons non dites de cette libération. Depuis un certain temps, une accalmie est notée dans cette histoire de traque de biens supposés mal acquis. Wade se tait et se terre. Les zélés du pouvoir sont devenus placides.
Karim Wade n’a point été jugé sur sa gestion ministérielle et est condamné, parce qu’il se serait enrichi illicitement. Il est bon de rappeler qu’un enrichissement illicite n’a rien à voir avec un enrichissement illégal. L’illicite est immoral et l’illégal est condamné par la Loi. Si tel est le cas, combien de personnes, dans ce pays, se seraient enrichis de façon illicite ?
Par ailleurs, l’ami de Karim Wade, Mouhamed VI est au Sénégal. L’emprisonnement de celui est conséquemment un cas qui ne saurait être occulté par le Roi du Maroc. Ce serait un paradoxe.
Il est incertain que Karim Wade purge intégralement sa peine. Un modus vivendi sera trouvé pour sa libération. L’intercession du Roi Mohamed VI aurait des effets. C’est une question d’Etat et une affaire privée entre deux autorités d’Etat qui ne saurait être étalée sur la place publique.
Les insulteurs à gage, les avocats Apr du régime dont l’image s’identifie à celle de corbeau doivent être tout petits, avec cet élargissement inopiné et spectaculaire de Aida Ndiongue qu’ils ont accusée de tous les maux de prédatrice.
C’est triste ce qui se passe au Sénégal : l’injustice fait son œuvre. Le juste est dans l’abîme. On donne le sceptre à l’arbitraire. Des droits sont trahis. Les sentinelles d’hier sont devenues d’obscures complices du régime. Et on affiche, au coin des bornes, les forfaitures d’une médiocre dynastie.
Cette injustice fait son œuvre ; des décisions despotiques sont prises : un point, un trait, a-t-on de l’autre côté. Alors Aida Ndiongue est élargie. Un point, un trait ! Karim Wade sera indubitablement libéré. Un point, un trait !
Les libertés sont prises au piège. Le suffrage universel est trahi par une dynastie que défendent des avocats politiques d’un type nouveau. Et voilà que la justice donne l’image d’un assemblage de polichinelles tristement suspendues au bout d’une corde politique avec des justiciers à qui on impose de retrousser lestement les simarres et obéir. Hélas !
Le Piroguier (Rewmi)