Necotrans et les industriels se battent au Port de Dakar sous les yeux du DG Cheikh Kanté

Des navires de marchandises sont bloqués en rade au large du Môle 8 depuis dimanche 3 janvier 2016 par Necotrans qui gère le terminal vraquier où il assure la manutention des minerais, ciment, phosphate, houille, etc. au débarquement comme à l’embarquement pour le compte des grandes industries locales à l’exception des Ics qui ont leur propre manutentionnaire. Que se passe-t-il ? Eh bien ! Une situation de blocage avec l’augmentation par Necotrans de ses tarifs de manutention de la tonne de marchandise depuis le 1er janvier 2016. La tonne de produit manutentionné passe de 2000 F Cfa à 6000 F Cfa, a décidé Necotrans qui en a informé ses clients industriels par lettre. Mais ces derniers, notamment les cimentiers et phosphatiers qui n’entendent pas se plier à ces nouveaux tarifs étaient hier en réunion pour protester contre le blocage de leurs navires par Necotrans.
Le fait n’est pas nouveau. Au mois de juin 2015, Necotrans avait également décidé de manière unilatérale d’augmenter ses tarifs de manutention les faisant passer de 2000 F à près de 8000 F la tonne. Ce qui avait alors suscité une levée de boucliers chez les industriels qui arguaient des pertes de compétitivité à l’export et de renchérissement des coûts de production. Pour sa part, Abdou Diouf le Dg de Necotrans avait répondu dans les colonnes de nos confères de Sud, dans leur édition du week-end des 6 et 7 juin 2015 : « Nous n’avons fait aucune augmentation de tarifs. Les tarifs que nous allons appliquer à partir du 10 juin, sont des tarifs Sempos (Syndicat des entreprises de manutention portuaires du Sénégal, Ndlr) homologués par le ministère du commerce en 2002 ». Il ajoutait : « Dans ce corps de métier, nous ne pouvons pas arriver et faire ce que l’on veut. Nous sommes régis par une homologation des tarifs. Il s’agit là des tarifs terre. Ceux dits tarifs bord, datent de 1994». Il estimait même que la non-application de textes du Sempos constituerait même un délit car «c’est une perte de Tva pour l’Etat et une concurrence déloyale».