« Monsieur le Président Macky Sall, au nom de quoi vous sacrifiez nos vaillants soldats au Yémen ? »

A première vue nous remarquons effectivement que notre Président a changé, sauf que cette métamorphose facilement détectable est d’abord physique. Ensuite, monsieur renie plusieurs de ses convictions d’hier : post-opposant. Et cela constitue l’autre facette nouvelle, ou du moins qu’on ignorait de notre chef de l’Etat. Des comportements plus ou moins étranges. Et l’envoi de plus de 2.000 soldats aux Yémen est une illustration parfaite de ses prises de positions incompréhensibles, mais surtout qui en disent long sur la particulière progression du Président Macky, non pas dans la résolution des maux qui assaillent les populations, mais dans ses choix incongrus, à la limite révoltants.
Avec l’envoi de plus de 2.000 militaires au Yémen, le Président a atteint le summum, de son infertilité en matière de genèse de politiques viables et utiles aux populations.
Il est de devoir de rappeler la situation qui prévaut actuellement dans cette partie du globe, où nos frères « Diambars » (militaires sénégalais) vont mener un djihad au nom du Président Macky :
Depuis le 26 mars 2015, une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite bombarde le Yémen. Elle agit à la demande du président Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé du pays par une rébellion et réfugié à Riyad. Les rebelles houthistes, des chiites originaires du nord du pays, cibles des bombardements, sont quant à eux soutenus par l’Iran, rival de l’Arabie saoudite dans la région. Les frappes ont jusqu’ici échoué à repousser significativement les rebelles.
Les violences dans le pays, puis les bombardements aériens, ont fait au moins 767 morts et 2 900 blessés depuis le 19 mars, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui fait savoir que le bilan réel est plus élevé. Au moins 405 civils ont été tués par les frappes, selon l’Organisation des Nations unies (ONU), et plus de 120 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays, qui s’ajoutent à 300 000 autres déplacés qui avaient fui avant même l’intensification des combats.

Voila pourquoi notre participation dans cette guerre suscite une foultitude de questions :

En quoi sommes-nous concernés ?
Pourquoi nos soldats doivent périr dans un pays qui en terme de coopération est loin d’être notre meilleur partenaire?
Et en fin la question qui me taraude le plus l’esprit : Quelle est la contre partie pour le Sénégal sur cette engagement doublement dangereux ?
Oui ! Doublement dangereux, parce qu’il expose des milliers de nos soldats dans une guerre, particulièrement risquée.
Ensuite qu’on le veuille ou pas notre engagement au Yémen fera de nous de potentiel cibles de groupes terroristes. Connaissant la perméabilité de nos frontières ça craint le pire pour notre stabilité. Le Sénégal est encore épargné par ces « tueurs ». Des tueurs, pour qui la gloire repose sur le nombre des victimes, par conséquent, visent toujours des lieux à forte densité humaine.

Pourtant, pas loin de chez nous, au Nigeria, une secte dénommée Boko Haram, élimine nos frères musulmans et chrétiens par milliers. Un peu plus loin au Kenya et en Somalie, c’est quasiment le même scénario. Mais notre président a préféré faire les yeux doux aux rois de l’or noir qui ont compris que leur portefeuille peut descendre les étoiles du ciel, et qui certainement n’ont pas user d’arguments pour faire plier notre Président.

Nous revoilà ainsi au service d’un pays pour lequel nous avions perdu 93 soldats en 1991, ces « Diambars » ont péri dans le Golfe à bord de l’Avion C130.69 (Saoudian Army). D’ailleurs, les familles courent toujours derrière les indemnités qui auraient dû être versées aux victimes. Preuve du peu de considération et de reconnaissance que ces Saoudiens ont à l’égard de nos vaillants soldats.
J’espère tout simplement que dans un profond sommeil, le président sursautera de peur en voyant un nuage de fumée se répandre sur Dakar, en rêve. Et dira à son réveil : « J’arrête cette forfaiture car nos enfants, nos frères et sœurs militaires ne méritent pas de mourir dans une guerre qui, gagnée ou perdue, ne changera en rien le vécu des 15 millions des Sénégalais. »
Aliou Sambou Bodian journaliste