Macky est le maître du jeu jusqu’en…2017 aux Législatives…Après c’est le déluge

J’avais bien expliqué antérieurement que le conflit IDY-MACKY laissait présager une recomposition politique qui changera totalement la physionomie de notre landernau politique et signera la fin d’un système politique artificiellement qualifié de dynamique et mature, alors que son principal objectif depuis les indépendances est la prise en otage d’une population toujours exploitée, toujours manipulée, jamais écoutée, ni respectée d’ailleurs.
Le comportement des politiciens de la génération de nos oncles et de nos ainés parvenus au pouvoir a été toujours condescendant envers le peuple qui les a élus et qu’ils sont censés servir. Ce paternalisme de bon aloi doublé d’un fort complexe de supériorité a d’ailleurs été insidieusement transmis au certaines catégories de fonctionnaires d’alors, formés selon la bonne vieille méthode coloniale, qui en faisaient des « commandants de cercles post indépendance » plus instruits certes, mais formés pour commander le peuple, et non pour le servir, en servant l’Etat. Heureusement, ces dernières années, l’Etat a introduit dans leur formation des modules en management.
La recomposition annoncée marquera donc un tournant décisif, mais pendant que l’on est en train de battre les cartes pour une redistribution imminente, force est de reconnaitre que celui parmi toute notre classe politique qui a son destin en main pour le moment, c’est bien MACKY.
Entendons-nous bien sur une chose : je fais partie de ceux qui ont la conviction profonde que quelque soit le scenario, la Présidentielle aura lieu en 2019. J’ai déjà soutenu par ailleurs que je faisais partie des militants les plus irréductibles du mandat de 07 ans, pour une question de principes. Le respect du serment fait sur la Constitution de notre pays au nom du peuple sénégalais est bien plus fondamental que la concrétisation d’une promesse faite pendant la campagne électorale. Et pour ceux qui s’agiteraient contre, MACKY avait fait mieux que promettre, avec son programme économique yoonu yokkute rangé depuis lors aux oubliettes. Qu’ils se mobilisent d’abord pour le respect de cet engagement alors.
J’ai bien dit que MACKY tenait son destin entre ses mains. En effet, il est pour le moment effectivement trop tôt pour forcer les parties de la mouvance présidentielle à décider si oui ou non ils présenteront des candidats contre MACKY à la prochaine présidentielle. Si ceux qui maintiennent le flou et font croire à MACKY qu’ils sont des alliés très représent atifs dont le départ plongerait son pouvoir dans la crise, il n’a pas à s’en faire.
En 2017, il y aura les Législatives. En ce moment, MACKY sera arrivé au terme de son compagnonnage politique avec la très folklorique et bariolée armée mexicaine Benno bok yaakar version actuelle. Pour le renouvellement de l’Assemblée nationale, il va falloir aller à nouveau à la reconquête des suffrages des sénégalais. En ce moment là, il sera alors en droit de poser comme préalable à une alliance pour les joutes législatives la condition préalable d’un soutien à sa candidature à l’Election présidentielle de 2109.
Ceux qui maintiennent le flou sur la présentation ou non d’un candidat contre lui et qui se décrédibilisent par leur duplicité hypocrite ( car ils chantent à tout va la qualité de leur compagnonnage prétendument) fidèle avec MACKY auront largement le temps d’ici là de s’en aller, s’ils tirent les conséquences du maintien de la Présidentielle en 2019 ; sinon ils s’en iront à la fin du mandat de leurs députés, deux ans avec la deuxième échéance électorale, parce qu’ils n’accepteront jamais, une fois qu’ils seront mis devant leurs responsabilités et acculés, de se ranger derrière MACKY et de renoncer à présenter un candidat.
LE PS a fait perdre la présidentielle de 2012 à la Gauche, dans un gâchis dont le deuxième acteur était l’AFP. Refuser de se ranger derrière l’AFP et perdre ensemble ont été les décisions qu’ils ont prises, vice versa. Jamais le PS n’acceptera de se ranger derrière MACKY. Ce parti aura un candidat. C’est sûr.
Les prochaines législatives constituent donc un moment charnière qui comme je l’ai dit redéfiniront la nouvelle configuration politique du SENEGAL. Elles enterreront le vieux gourou de l’AFP et mettront TANOR à la retraire.
De toute façon le cœur de la vie politique ne bat plus ni avec eux, ni grâce à eux. Les nouvelles dynamiques porteuses de changement se construisent ailleurs, et ces deux formations politiques sont hors courses.
L’alliance autour d’IDY, celle autour de Malick GAKOU et la rebuffade annoncée du PDS marqueront ces législatives de 2017. MACKY n’aura alors pas le droit de se louper. Il a intérêt à faire le tri pour se débarrasser des partis rémoras qui ne lui apportent rien, saturent au contraire sa communication, entretiennent des polémiques inutiles et sont adeptes d’un chantage éhonté. En perspective de la Présidentielle, ce ne sont pas des compagnons de cet acabit qui peuvent l’aider à présenter un bilan, à mobiliser ou à mener une campagne dynamique victorieuse !
Au lendemain de ces Législatives, comme lors de face to face de nos lutteurs, chacun saura ce que pèse l’autre, en perspective de la Présidentielle.
Si comme le présume la plupart des sénégalais MACKY perd la majorité à l’Assemblé nationale, il sera dans ce cas soumis à une cohabitation, ou alors il devra manœuvrer ferme pour recomposer une majorité, et conduire son PSE. Et pour ce, je doute fort qu’il ne retourne vers sa famille originelle, les libéraux. Mais quels libéraux ? Car ce ne sera sûrement pas IDY !
Et c’est pourquoi, je dis bien que jusqu’en 2017, MACKY reste maitre de son destin.
Simplement, le monde est vieux mais l’avenir sort du passé : en se laissant endormir par les manœuvres du PS, en surestimant la capacité de mobilisation des partis qui composent sa coalition fantoche, en refusant toute négociation avec l’opposition dit représentative et en maintenant le pays sous une tension politique permanente au détriment d’une communication efficace sur les succès qu’il pourrait mobiliser pour valoriser son image, MACKY est en train de mal préparer son avenir proche.
Quand on est Chef de l’Etat et chef de parti politique, et que l’on envisage de se représenter à nouveau à l’élection présidentielle de son pays, les enjeux sont si importants qu’il conviendrait de garder en toute occasion sa lucidité objective.
Le dialogue permet de maintenir une relative stabilité et dans ce cadre les vertus d’une bonne médiation au sens premier du terme sont une nécessité absolue pour la paix, car nous autres acteurs politiques ne pouvons persévérer à nous parler que par presse interposée, avec le plus souvent des animateurs de débats qui ressemblent chaque jour encore plus à ceux des face to face entre lutteurs !
Si MACKY n’y prend garde, il risque d’être le premier candidat à une réélection à la Présidentielle à se faire éliminer, dès le premier tour, ou, au mieux des cas, au second tour, après un seul mandat !
Le SENEGAL doit écrire une nouvelle page de son histoire politique, par un raffermissement de la démocratie qui passe par l’émergence d’acteurs politiques citoyens, dotés d’une probité morale immaculée, compétents et totalement engagés d ans le travail , pour qu’enfin notre pays sorte du sous développement chronique où il a été maintenu depuis les indépendances, par des hommes totalement amortis qui se croient toujours indispensables, malheureusement.
Cissé Kane NDAO
Président de l’Alliance Démocratique pour la République