Macky a débauché Djibo pour affaiblir l’opposition même si l’URD ne pèse plus grand chose…

En enrôlant l’ancien ministre d’Etat, Djibo Leyti Kâ, patron de l’Urd, dans la mouvance présidentielle, le chef de l’Etat Macky Sall cherche à affaiblir le camp d’en face, à défaut de trouver des gens qui peuvent lui apporter grand chose. De l’avis des analystes politiques interpellés sur la question, notamment Ibrahima Bakhoum, journaliste formateur à l’Issic, et Momar Seyni Ndiaye, ancien journaliste formateur, l’image de Djibo Kâ, ministre et homme d’Etat, peut servir à Macky, mais pas pour des logiques politiques électoralistes. Qui plus est, le patron de l’Urd est complètement affaibli en termes de poids électoral.
En tout cas, Ibrahima Bakhoum, journaliste formateur à l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic) reste convaincu que «Macky cherche absolument à affaiblir le camp d’en face». Cela, d’autant plus «qu’aujourd’hui, ceux qui sont avec lui (Macky) ne lui apportent pratiquement rien du tout», que ce soit Moustapha Niasse «qui est pratiquement handicapé», son propre parti, l’Alliance pour la République (Apr), mal structuré, ou encore le Parti socialiste (Ps) qui «se cherche une alternative à la mouvance présidentielle». Donc, pour M. Bakhoum, «Macky est obligé, à défaut de trouver des gens qui lui apportent quelque chose, au moins d’affaiblir le camp d’en face».

Abondant dans le même sens, Momar Seyni Ndiaye, ancien journaliste et formateur en journalisme et communication, estime que Djibo Kâ, coutumier des faits, a une philosophie politique qui lui est totalement propre. A son avis, en le débauchant, «Macky affaiblit un peu l’opposition parce que Djibo Kâ y avait une certaine place». Selon lui, le secrétaire général de l’Urd est excellent dans le débat politique, même si en raison de son état de santé, il a un peu perdu de sa verve. Toutefois, M. Ndiaye indique que Djibo Kâ a un certain courage politique pour prendre certaines positions, «ce qu’on ne trouve pas toujours dans les rangs de Benno». Cependant, il a tenu à préciser que «le débauchage de Djibo Kâ a plutôt un caractère symbolique, mais en termes de poids électoral, il ne peut absolument rien apporter au président de la République». Cela, même si par ailleurs, il trouve que «vaut mieux avoir les quelques poussières de voix de Djibo, qui ne représente pas grand chose, pour sa pertinence argumentaire, que de voir tous ces éléments mis au service d’une opposition».