Les parents d’une des victimes de Keur Massar parlent

Chez la famille du défunt Pape Malick Dieng, l’une des victimes, une bâche est installée pour accueillir ceux qui viennent présenter leurs condoléances. Le père du défunt, Déthié Dieng, ancien chauffeur, qui se déplace difficilement à l’aide d’une béquille en bois, se rappelle son fils. «Pape Malick Dieng, c’était l’aîné de mes fils. C’était un brave garçon qui s’occupait bien de ses parents et de sa famille. Je ne sais plus combien coûte le kilo de riz. C’est lui qui faisait tout dans cette maison. Et maintenant ils nous l’ont pris», dit-il, désespéré. Le seul regret du vieux Déthié, c’est la façon dont son fils a été tué. «Moi ce qui me fait mal, c’est la façon dont est mort mon enfant. Ils l’ont roué de coups comme un rat avec des machettes, des couteaux et des coupe-coupe», lance le vieil homme.

Quant à Anna Faye, la mère de Pape Malick Dieng, drapée d’un boubou léger de couleur rose et noir, son visage cache mal sa tristesse. Très posée, elle affirme : «Pape n’a jamais fait de mal dans ce quartier. Que ceux qui l’ont tué me disent ce qu’il a fait ? Ce sont eux les bandits, car quand ils l’ont attaqué, ils ont pris sur lui son argent, son portable et ses habits». Elle poursuit : «Il existe une justice dans ce pays, donc personne ne doit se faire justice. Si Pape avait fait du mal, ils devaient l’amener devant la justice». Cette mère de famille qui habite le quartier depuis 1968 demande la vérité : «Je sais que j’ai perdu mon fils, mais je demande que la lumière soit faite sur cette affaire. Il faut que les gens me disent qu’est-ce qu’ils ont contre mon fils».