Les flics réquisitionnent les enseignants devant leurs salles de classe

Le bras de fer entre l’Etat et les enseignants se poursuit. Hier, 24 enseignants ont été convoqués au commissariat central de Mbour pour avoir refusé de remettre les notes des élèves à l’administration. «J’ai été surpris de voir le Principal accompagné d’un policier venir me remettre une convocation dans laquelle on me demandait d’aller répondre à la police. J’ai refusé de prendre la convocation dans l’immédiat, j’ai aussi invité mes collègues qui ont refusé de la prendre. Puis, j’ai appelé le secrétaire général du syndicat (Mamadou Lamine Dianté) qui m’a conseillé de prendre le papier s’il s’agit d’une convocation, mais s’il s’agit d’une réquisition de le refuser», a confié Mamadou Moustapha Sarr, enseignant au Cem Etape. Avant de conforter sa position : «Nous sommes des enseignants, nous avons clairement dit au Commissaire que nous n’allons pas recevoir les réquisitions. Nous sommes des patriotes, nous ne devons pas refuser de répondre à la police», ajoute-t-il.

Quant à Djokel Faye, secrétaire départemental du Saems/Cusems, il fustige l’attitude de l’Etat. «La place de l’enseignant n’est ni à la police ni à la gendarmerie. Nous aimons nos élèves et le seul voeu qui nous anime est que nous ayons un système éducatif modèle et stable. Malheureusement, nous sommes dans un pays où le sort des personnes justes est l’oppression», fustige le syndicaliste. A l’en croire, le combat qu’ils  mènent est légitime : «dans la Constitution c’est clairement dit qu’un fonctionnaire de l’éducation a le droit d’avancer chaque 2 ans. Mais voilà 10 ans qu’il n’y a pas d’avancement. Il y a des contractuels et des vacataires qui n’ont pas encore fait de formation. Et c’est cela notre combat. Les accords sont raisonnables et réalisables. L’Etat qui nous a donné un chronogramme pour l’application des accords n’a pas tenu à sa parole».