Le PS et la reconquête du Pouvoir…Khalifa Sall le challenger controversé et mal aimé du parti

RECONQUETE DU POUVOIR ET PEUR DE L’ECHEC

Chat échaudé craint l’eau froide, dit l’adage. Le Parti socialiste se trouve dans un énorme dilemme avec des équations à plusieurs inconnues. D’abord, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les Verts veulent reconquérir le pouvoir qu’ils ont perdu depuis 2000. Toutefois, les deux échecs en 2007 et en 2012 avec leur candidat Ousmane Tanor Dieng les poussent à réfléchir avant de s’engager. Mais, c’est surtout un candidat consensuel qui leur fait défaut.

Khalifa Ababacar Sall s’est bien illustré à Dakar en 2009, puis en 2014, seulement le secrétaire national chargé de la vie politique du PS aurait du mal à obtenir la bénédiction du bureau politique, encore moins le secrétariat exécutif national qui sont sous le contrôle d’Ousmane Tanor Dieng. Mieux, le secrétaire général du PS serait moins un problème pour le maire de Dakar que ses lieutenants. Particulièrement Serigne Mbaye Thiam, Abdoulaye Wilane et surtout Aminata Mbengue Ndiaye. On parle moins de l’ancienne maire de Louga, mais elle dispose du contingent électoral le plus dynamique: la coordination des femmes socialistes qui lui voue un grand respect. Et selon des sources dignes de foi, Mme Ndiaye en voudrait à Khalifa Sall d’être l’une des personnalités à avoir refusé la parité intégrale chère à Aminata Mbengue Ndiaye dans les instances socialistes.
Abdoulaye Wilane n’apprécierait pas non plus l’édile de la capitale qui a freiné son ascension au sein du parti en prenant faits et causes pour Feu Pape Babacar Mbaye.
Quant à Serigne Mbaye Thiam, il n’a pas hésité à contredire Khalifa Sall dans le processus d’élection du secrétaire général du PS. Le maire de Dakar avait sorti un communiqué en mai 2014 pour annoncer “l’arrêt de la compétition électorale, dans l’intérêt supérieur du Parti socialiste“. Mais la réplique du ministre de l’Education nationale ne s’était pas fait attendre.
Dans son édit, il annonce à son tour que “le processus se poursuit, en application des dispositions de la circulaire additive du 16 mai 2014”. Rappelons qu’Ousmane Tanor Dieng devrait faire face à Aïssata Tall Sall au congrès du 7 juin. Dans cette bataille des édits, le secrétaire national aux élections et aux affaires juridiques du PS sortira vainqueur. Khalifa Ababacar Sall sera contraint d’abdiquer et de rentrer dans les rangs, laissant la mairesse de Podor, seule dans son combat.
Deuxièmement, ce sont les hésitations des Socialistes. Elles s’expliquent par le fait que Khalifa Sall ne fait l’unanimité, même s’il semble le mieux à même de ramener le PS au pouvoir.
Troisièmement, le PS aurait aussi une peur bleue de la fin de son idylle avec l’Apr et les conséquences d’une telle rupture. Aujourd’hui, il contrôle deux départements ministériels, compte une vingtaine de députés, trois postes de PCA et son secrétaire général qui continue à tisser sa toile auprès du Chef de l’Etat. Dans la perspective d’une renégociation, Ousmane Tanor Dieng pourrait même atterrir à la présidence de l’Assemblée nationale, à défaut de diriger la deuxième chambre parlementaire dénommée Haut Conseil des Collectivités Locales.
Enfin, si le PS ne se précipite pas vers le divorce, c’est également pour ne pas laisser le champ libre à son principal ennemi, l’Afp de Moustapha Niasse qui lui, a fini de faire acte d’allégeance à Macky Sall. Cette peur bleue de l’inconnu freine les ambitions des Socialistes.
LES “PECHES” DE KHALIFA SALL
L’ouragan Khalifa avec Taxawu Dakar balayant tout sur son passage, n’a pour autant pas impressionné ses camarades socialistes. Ce qui semble plus paradoxal, c’est que ni les membres du bureau politique et encore moins ceux du secrétariat exécutif contrôlés en majorité par Ousmane Tanor Dieng n’accepteront de lui servir le PS sur un plateau d’argent. Et ce, même si Khalifa Ababacar Sall s’avère l’un des principaux challengers de Macky Sall, capable surtout de le mettre en ballotage.
Pis, en cas de primaires, il n’a aucune chance de passer. Khalifa Sall est plus populaire au niveau de l’opinion publique…dakaroise qu’au sein de sa propre formation et à l’intérieur du pays. Pourquoi alors une telle personnalité politique, maire de la capitale Sénégalaise trouverait-il autant d’opposition et de résistance à ses ambitions présidentielles, au sein de sa propre formation ? Même si de telles ambitions ne sont pas encore clairement déclinées par l’intéressé.
Refusant de prendre conscience de cet état de fait ou encore en s’obstinant à obtenir la bénédiction du PS pour briguer les suffrages des Sénégalais, le maire de Dakar risquerait de griller sa carte.

Sud Quotidien

1 Comment

  1. QUE L’APR ARRÊTE DE PENSER CE QUE LE PS VA FAIRE OU PAS. QUE CE PARTI S’OCCUPE DE SES OIGNONS.

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