Le fossoyeur de Pikine inculpé pour violation de sépulture et sorcellerie

Après son déferrement hier par la police de Pikine devant le procureur de Dakar, le fossoyeur du cimetière de Pikine a été inculpé et placé sous mandat de dépôt par le procureur de la République. Saer Gningue qui a passé sa première nuit en prison est poursuivi pour les délits de « sorcellerie et violations de sépultures ». Son placement sous mandat de dépôt intervient à la suite de macabres découverts récurrentes dans le même cimetière d’exhumations de corps. Après des cas précédents en juin 2014 et septembre 2015, deux corps, ceux d’un vieil homme et d’un bébé ont été exhumés le vendredi 4 décembre 2015. Et avant-hier mercredi 9 décembre, deux autres corps ont encore été exhumés. Tout cela alors que Saer Gningue poussait le cynisme jusqu’à avertir la police des découvertes macabres. Le vendredi 4 décembre, jour de la découverte des corps exhumés d’un vieil homme et d’un bébé, Saer Gningue qui avait été interpellé par nos capteurs, était péremptoire.
«Les faits ont probablement eu lieu aux abords de 6h du matin. J’ai trouvé les corps à mon arrivée à huit heures et je ne pouvais pas prendre la responsabilité de les enterrer sans avoir prévenu la police. C’est quand ils nous en ont donné l’ordre qu’on a de nouveau enterré les corps», confiait-il. Lors de la reconstitution des faits tout comme lors de ses auditions qui ont eu lieu avant-hier, Saer Gningue qui a reconnu les faits avait refusé de livrer ses complices et commanditaires. En tout cas, rien que pour le délit de « violation de sépulture », il tombe sous le coup de l’article 354 du Code pénal qui dispose en son alinéa 1 : « Sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an, et de 50 000 à 180 000 francs d’amende , quiconque se sera rendu coupable de violation de tombeau ou de sépulture, sans préjudice des peines contre les crimes ou les délits qui seraient joints à celui-ci ».