Lamine Diack aimait trop ses enfants…D’où l’ingérence manifeste de son fils

Et si Massata s’était substitué à son honorable père…
« Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ! » On pourrait reprendre ainsi cette expression de Corneille afin de la placer dans le contexte de l’affaire Lamine Diack où le fils semble avoir poussé le père dans un caniveau sportivo-judiciaire à l’échelle mondiale. En effet, nous sommes dans une société africaine où le père est censé incarner l’autorité en même temps qu’il doit pourvoir aux besoins de la famille. Et surtout quand il s’agit d’un père honorable à la dimension de Lamine Dicak qui s’est beaucoup sacrifié pour la réussite et l’éducation de ses enfants. Et quoi qu’on puisse reprocher au père Lamine Diack, force est de constater qu’il a occupé une place « essentielle » dans l’épanouissement et la réussite de ses enfants. Des enfants qu’il couvait comme une maman poule le ferait de ses poussins et pour qui il a un grand faible. Des enfants auxquels il ne pouvait rien refuser et qui ont profité de l’amour sans limites qu’il leur porte pour lui faire faire n’importe quoi. D’où l’ingérence manifeste de son fils Massata Diack dans les affaires de l’Iaaf dont il était le consultant en marketing. Certes, en matière pénale comme dans celle renfermant les délits de corruption passive et active sur fond de blanchiment aggravé qui frappent le président Lamine Diack, il appartient à chacun d’assumer ses responsabilités. Et il est clair que la responsabilité pénale est personnelle, elle n’est pas collective. Mais le Sénégal, comme toutes les sociétés africaines, a ses réalités socioculturelles où un fils digne n’admet point que l’honneur de son père ou de sa mère soit bafoué ou outragé. Des sociétés où les enfants sont prêts à donner leur vie pour qu’on n’humilie pas leurs parents, singulièrement leur père. On a même vu des fils se substituer à leurs pères pour aller en prison à leur place. C’est cette attitude digne que l’on attendait de Massata Diack qui a contribué à perdre son père pour l’avoir mis là où il est aujourd’hui. Massata Diack ne devrait-il pas se substituer à son père Lamine Diack et porter le chapeau à sa place avec une posture même cousue de fil blanc, par exemple du genre « Mon père n’a jamais été au courant de mes agissements sur le plan international. C’est moi qui sollicitais des fonds politiques à son insu. Et c’est moi qui faisais chanter des athlètes convaincus de dopage à son insu. Mon président de père n’a jamais été au courant que les Russes me versaient de l’argent pour mettre sous le coude les dossiers de leurs champions dopés etc. ». Et si Massata Diack avait très tôt pris les devants pour tenir un tel discours, fut-il « mensonger », devant les enquêteurs français, au moins, il aurait entretenu le flou ou la confusion autour de la culpabilité de son père Lamine Diack. Car il serait plus concevable que Massata soit mis en examen et sacrifié sur l’autel d’une erreur de « jeunesse » plutôt que ce soit son vieux père, 82 ans, qui soit ainsi jeté en pâture aux yeux du monde entier. En tout cas, la bombe des aveux de Diack-fils aurait provoqué moins de dégâts que celle qui a éventré l’honorable et octogénaire Diack-père. Evidemment, l’honneur est infiniment plus précieux que la vie. Mais dis-donc pourquoi les gens se suicident-ils ? Car il y a des instants dans la vie où le suicide devient une issue acceptée et même souhaitable. D’ailleurs, combien de fois en matière de flagrant délit les policiers sont allés arrêter le père ou la mère pour pousser le fils recherché à se rendre… Et les chauffeurs de cars rapides qui se substituent aux apprentis sans permis ayant commis un accident de la circulation ? Bref, en cherchant à sauver sa peau plutôt que d’aller se constituer prisonnier — ou « contrôlé judiciaire » — à la place de son Père, Massata Diack fait montre d’un comportement indigne.
Il aurait pu s’inspirer de l’exemple de ce digne fils que nous allons conter ci-dessous et qu’un éminent magistrat nous a rapporté.
Cette histoire, certains juges d’un tribunal de l’intérieur du pays s’en souviennent toujours en guise d’anecdote pour ne pas dire de « jurisprudence ». Tenez ! Agé 70 ans, un vieillard originaire de la Casamance faisait du commerce de yamba dans l’axe Ziguinchor- Dakar. Un jour, il est tombé sur un barrage douanier alors qu’il conduisait sa vieille R19 remplie de drogue. A quelques mètres des douaniers, le vieux a abandonné son véhicule avant de se fondre dans la faune. Contre toute attente, son fils aîné s’est constitué prisonnier dès le lendemain. Seulement, à la barre du tribunal, la confusion s’est installée du fait que les douaniers ont conclu dans leur procès-verbal que la silhouette du fugitif qu’ils avaient aperçue ne correspondait pas à l’individu qui s’était constitué prisonnier. Ils savaient bien, les gabelous, que celui qui avait pris la tangente était un vieillard alors que le prévenu qui était jugé était un jeune homme. Malgré les questions du président du tribunal et celles du procureur, malgré les témoignages des douaniers, aussi, le jeune homme a persisté et signé : c’est lui qui conduisait la R 19 remplie de « yamba ». Tout le monde savait qu’il couvrait son père qui avait déjà un passé pénal. Emu par une telle attitude de dignité de la part du jeune homme, le président du tribunal l’avait condamné à une peine avec sursis. Il nous a raconté qu’il a failli verser des larmes devant le courage de ce jeune homme qui était prêt à aller en prison pour l’éviter à son père. C’est l’attitude d’un tel jeune homme qu’aurait dû adopter Massata Diack au lieu de donner l’impression, par ses déclarations, d’enfoncer son propre génitLamine Diack aimait trop ses enfants…D’où l’ingérence manifeste de son fils Massata Diack dans les affaires de l’Iaafeur. Ah, si Massata s’était substitué à son père…

« Le Témoin » quotidien