Incinération des charrettes saisies par les eaux et forêts…La réplique des travailleurs du bois

Une réponse à la hauteur de l’acte, c’est ce que l’association des menuisiers ébénistes et travailleurs du bois a fournie à l’État du Sénégal après son acte de la semaine dernière. En effet, pour lutter contre la déforestation et le trafic illicite du bois, les ministres de l’intérieur, de l’environnement et des forces armées sont venus la semaine dernière power un acte inédit. Toutes les charrettes, motos, vélos et camion saisis par le service des eaux et forêts ont été incinérés à l’occasion d’une cérémonie organisée à cet effet. Les travailleurs du bois et propriétaires de charrettes avaient tenté en vain d’arrêter cela. Malheureusement la machine était déjà mise en branle. Mais les victimes de cette mesure radicale ne défilèrent pas pour autant. Ils chargent l’état qu’ils accusent de démarche inappropriée. Ils dénoncent d’abord le fait qu’ils ne soient pas impliqués dans le processus. Ensuite, ils estiment que tous les gens qui se nourrissent de la forêt, c’est parce qu’ils n’ont pas autres chose à faire pour se nourrir. Par conséquent, ils se désolent du fait que le gouvernement n’a rien proposé à ces jeunes pour qu’ils arrêtent l’exploitation abusive des ressources forestières. Autres chose, les travailleurs du bois de dérivés pensent que l’État est passé à côté en passant que ce sont les propriétaires des charrettes qui sont les principaux prédateurs de la forêt. D’ailleurs, ils s’étonnent que l’État ne parle que des trafiquants gambiens et guinéens ou bissau-guinéens. Pour eux, il y a un axe aussi dangereux que les autres, c’est celui des camions qui quittent la Casamance en direction d’autres du nord du pays remplis de bois. Et pourtant, les propriétaires de cette marchandise pas comme les autres arrivent à obtenir des papiers qui leur permettent d’amener le bois partout où ils veulent sans problème. En plus, des gens ont des permis de coupe pour exploiter la forêt casamançaise alors que personne ne devrait donner de permis de coupe dans cette partie du Sénégal. Autant d’irrégularités que dénoncent les menuisiers et travailleurs du bois de Bignona. Maintenant que l’État a usé de la force, ils se disent impuissant mais avertissent; « désormais, nous veillerons à ce que tout camion chargé de bois soit saisi et brûlé avec son chargement sinon cela rien de mal se passer » a souligné leur porte-parole très remonté.

L.BADIANE pour Xibaaru.com