Il viole sa petite amie et la tue…Le juge le condamne à 20 ans de travaux forcés

Inculpés de viol et meurtre sur Sokhna Ndiaye, Mame Abdou Sarr et Moussa  Ndiaye ont été condamnés à 20 ans de travaux forcés par la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Louga.

«Je n’ai pas tué Sokhna Ndiaye. J’ai été accusé à tort. Mais, je m’en remets à Dieu, Le Meilleur des Juges», hurle de rage l’accusé. Roulant à terre, Mame Abdou Sarr pleure comme une madeleine. «Vous gagnerez mieux à garder votre calme et à répondre posément à nos questions», lui fait savoir le juge Madické Diop, président de la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Louga, statuant jusque très tard dans la nuit d’avant-hier, sur l’affaire Sokhna Ndiaye. Du nom de cette jeune fille sauvagement violée et tuée dans la nuit du 5 au 6 février 2013. Soutenu par son avocat, Me Alioune Abatalib Guéye, le jeune apprenti-chauffeur, né en 1981, se relève et répond des faits de viol et meurtre pour lesquels il est en prison depuis 3 ans. Tout comme son acolyte, Moussa Ndiaye dit Nabi (45ans).

 Les Faits

Lesdits faits remontent au 6 février, lorsque les éléments du commissariat urbain de Louga reçoivent un appel téléphonique les informant de la découverte d’un corps sans vie à proximité du mur de l’école élémentaire Samba Top, à la périphérie du quartier Artillerie II. Se transportant sur les lieux, les limiers tombent sur la dépouille d’une femme entièrement nue, couchée sur le dos, les jambes écartées, un cuissard noir à mi- chevilles. Sur le cuissard, ce qui semble être du sperme. Non loin du corps, un préservatif. Plus tard, le cadavre est identifié comme étant celui de Sokhna Ndiaye, la petite amie attitrée de Mame Abdou Sarr. A la morgue de l’hôpital régional, Amadou Sakhir Mbaye où le corps est acheminé pour les besoins d’une autopsie, le légiste conclut à une «mort violente par plaies pénétrantes thoraciques et abdominales, avec hémorragie interne et externe, vraisemblablement avec un objet tranchant et piquant et une suspicion de viol». L’enquête dans l’entourage de la défunte, notamment ses deux sœurs, permet de savoir que le petit ami avait fait appel à un marabout pour débusquer sa copine disparue. «Après cet échange téléphonique, Mame Abdou Sarr est tombé sur le corps sans vie de sa petite amie, ensanglanté et dénudé».

La police scientifique démasque les coupables

La Direction de la police technique et scientifique (Dpts), examinant le sperme retrouvé sur le cuissard de la défunte et après prélèvements buccaux et comparaisons, a identifié les profils génétiques de Mame Abdou Sarr et de Moussa Ndiaye. Fort desdits résultats, le juge d’instruction inculpera les nommés Mame Abdou Sarr (arrêté le 12 février 2013) et Moussa Ndiaye (le 22 avril 2013), pour viol et meurtre. Après trois ans de préventive, les deux mis en cause ont été finalement traduits à la 2e session de la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Louga, ouverte le lundi passé.

A la barre, Mame Abdou Sarr et Moussa Ndiaye nieront toute implication dans cette affaire, mais n’ont pu convaincre l’avocat général, Doudou Cissé Diouf qui requerra 20 ans de travaux forcés contre eux. «Les tests Adn suffisent pour prouver que les nommés Mame Abdou Sarr et Moussa Ndiaye sont les auteurs des faits qui leur sont reprochés», arguera-t-il. Me Djiby Diagne, conseil de Moussa Ndiaye, a plaidé l’acquittement, en axant sa défense sur l’incertitude des tests Adn. «Ils fonctionnent à 96,94%, donc ils ont une marge d’erreur de 3, 6%», dira-t-il. Son confrère, Me Alioune Abatalib Gueye, conseil du sieur Sarr, restera sur ce paradigme, soutenant que son client «n’avait aucun intérêt à violer et tuer sa petite amie qu’il aimait et chérissait». Après plus d’une heure de délibéré, la Chambre criminelle a enfin rendu son verdict : Mame Abdou Sarr et Moussa Ndiaye ont été condamnés à 20 ans de travaux forcés et doivent solidairement payer 15 millions FCfa à la partie civile, pour dommages et intérêts.ns