Il vend un terrain de l’Etat…Le juge le coffre à un an de prison ferme

Un an ferme. C’est la peine infligée à Mountaga Thiam pour avoir vendu un terrain du Domaine national à Malick Niang, qui n’a jamais pu joindre de son bien.
Attrait au tribunal des flagrants de Dakar, pour les délits d’escroquerie et abus de confiance, Mountaga Thiam a été jugé, hier, après plusieurs renvois. Il a écopé d’une peine d’un an ferme.
Interpellé sur les faits, la partie civile, Malick Niang, a souligné qu’il s’est rapproché de Mountaga Thiam pour avoir des papiers, c’est à dire un bail et un permis de construire pour son terrain. Il lui a ainsi remis la somme de 1,130 million de francs. Cela a duré presque un an et depuis lors, dit-il, s’il appelle le prévenu, il ne décroche pas et reste injoignable.
Malick Niang poursuit en expliquant que la famille du mis en cause était venue pour un règlement à l’amiable, mais ils ne lui ont remis qu’une somme de 300 000 francs Cfa. «Jusqu’au moment où je parle, ils n’ont pas respecté leur engagement. Et moi, j’ai besoin de mon argent», a-t-il asséné à la barre, soulignant qu’il ignorait que les terrains qui lui ont été vendus par Mountaga Thiam appartenaient au Domaine national. Il m’a avoué que ce sont les Lébous qui lui ont vendu ces terrains et qu’il ne détient aucun papier.
Le prévenu, l’air triste, a nié les faits et soutenu pour sa défense qu’il a été mis en rapport avec Malick, car ce dernier le voyait régler des problèmes de terrains avec d’autres personnes. «C’est lui qui est venu vers moi et il m’a promis de l’argent», a-t-il affirmé.
Interpellé sur l’utilisation de l’argent, le sieur Thiam a répond qu’il a payé 700 000 francs Cfa au géomètre pour la délimitation et que le reste il l’a utilisé, parce qu’il avait des problèmes. Du reste, le mis en cause n’a pas nié avoir reçu d’autres sommes venant des dames Mariama Niangane (3,250 millions de francs Cfa) et d’Awa Lo (3,750 millions de francs Cfa) pour les mêmes problèmes.
La partie civile a réclamé en guise de dommages et intérêts la somme de 830 000 francs Cfa, alors que le ministère public a requis une peine de 3 ans ferme. Car considérant que le prévenu n’est pas un délinquant primaire, puisque ce n’est pas la première fois qu’il comparaît. Lui, qui a été emprisonné plusieurs fois pour ce genre de faits, note Mme le Procureur.
Du côté de la défense, l’avocat a jugé que son client n’a rien fait. Bien vrai qu’il avait des problèmes précédemment, mais cette fois-ci, il n’est pas l’auteur des actes qu’on lui reproche, a-t-il plaidé. En effet, selon les avocats du prévenu, ce sont les parties civiles qui ont tort, car elles connaissent la voie pour régulariser un terrain. Alors que Mountaga Thiam n’a jamais nié ses relations avec ces derniers. Ce qui n’a pas empêché le tribunal de condamner le prévenu à une peine d’un an d’emprisonnement ferme.