De faux diplômés voulaient passer le concours de la Gendarmerie

Le Haut commandement de la Gendarmerie nationale, en collaboration avec la Direction des examens et concours, a mis la main sur des élèves gendarmes qui avaient présenté des faux diplômes lors du dernier concours d’entrée à l’Ecole des sous-officiers de la Gendarmerie nationale (Esogn). Ils ont été attraits hier devant la barre du Tribunal des flagrants délits de Dakar pour faux et usage de faux. Le procureur a requis 3 ans de prison dont un an ferme contre les dix mis en cause.
Le concours d’entrée à l’Ecole des sous-officiers de la Gendarmerie nationale (Esogn), session 2015, a été entaché par une affaire de faux documents présentés par des candidats admis. Les prévenus ont été présentés hier à la barre du Tribunal des flagrants délits de Dakar pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Les sieurs Ousseynou Faye, Demba Mbow, Adama Diop, Abdoul Aziz Dia, Youssouf Diédhiou, Serigne Mbacké Mbow, Bakary Ndong, Alioune Sylla, El Hadji Omar Diallo sont poursuivis pour usage de faux. Leur camarade de promotion, Baye Lamine Bèye, pour faux et usage de faux.
Les 9 premières personnes ont fait le concours d’entrée à l’Esogn avec un faux diplôme du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) et une attestation de réussite. Il est reproché au dernier nommé d’avoir apposé une fausse signature, supprimé et modifié par rature son sésame. Comment l’affaire a été découverte ?
Après le dépôt des dossiers de candidature au concours, l’ensemble des papiers ont été acheminés à la Direction des examens et concours pour authentification. Parmi tous les dossiers expédiés, au total 16 ont été estampillés faux. L’affaire n’a pas laissé indifférentes les autorités de la gendarmerie.
Le 9 février 2016, le Haut commandement de la Gendarmerie nationale a saisi la brigade prévôtale afin qu’elle diligente une enquête relative à un usage de faux diplômes, perpétré par des candidats au concours. Ils seront 10 à être retrouvés et arrêtés. Les interpellés avaient déjà rejoint l’Esogn à Fatick pour commencer leur formation à l’issue de la proclamation définitive des résultats. Pour les documents en question, il a été établi que des diplômes ont été rédigés au stylo, à l’ère de l’informatique.
D’autres avec la mention «Session du 18 Juillet», respectivement de l’année 2004, 2005, 2006 et 2010 ont été présentés au concours alors qu’il a été découvert que le 18 juillet 2004 et de l’année 2010 tombait un dimanche, tout comme la mention «Session du 17 Juillet 2004» retrouvée sur un diplôme alors que la date est un samedi. Les mis en cause, à l’exception de deux, ont tous déclaré avoir obtenu ces diplômes moyennant la somme de 45 000 à 100 000 francs Cfa auprès des sieurs Ndongo Dièye et Oumar Mbaye qui sont introuvables. Pour le procureur, les faits sont constants et sont d’une «extrême gravité».
Dans son réquisitoire, il a rappelé que les prévenus ont acheté leurs diplômes et que «la gendarmerie ne doit pas être infiltrée par des fraudeurs». C’est pourquoi il a requis 3 ans de prison dont 1 an ferme contre les «délinquants».
Me El Hadji Amadou Sall de la défense a indiqué que les prévenus «n’ont pas triché au concours et que ce n’est pas parce qu’ils ont fraudé sur leurs diplômes qu’ils seront de mauvais gendarmes». L’avocat a révélé qu’il existe au Sénégal «des officiers de la gendarmerie qui ont retaillé leur extrait de naissance et cela n’a pas fait d’eux de mauvais hommes de tenue». Tout comme lui, ses autres confrères de la défense ont plaidé l’application «extrêmement bienveillante de la loi».
L’affaire est mise en délibéré jusqu’au 7 mars prochain.

Le quotidien