Ça commence mal : Les élèves du Lycée de Simbandi Brassou décrètent 72h renouvelables !

L’année scolaire renoue avec la colère des élèves du Lycée de Goudomp.

Les potaches réclament entre autres « des salles de cours mieux sécurisées, un aire de jeu, du matériel d’éducation physique, la connexion internet l’adduction en eau potable… ».

S’adressant à ses camarades au cours de l’assemblée générale tenue ce matin, Seydou Sadio, a vivement déploré l’état lamentable de leur cadre d’étude.

Avec ses « 12 abris provisoires et 4 salles de classes délabrées » le Cem de Simbadi créé il y ‘a douze ans et érigé en Lycée depuis 2 ans, offre un spectacle pas du tout reluisant et qui rappelle l’image de camp de réfugiés. Cela illustre parfaitement l’image du secteur de l’éducation dans le département de Goudomp.

Cette partie méridionale de la région de Sédhiou compte « 164 écoles publiques avec 226 classes en abris provisoires ,6 Lycées dont 4 en abris provisoires ,22 CEM avec 147 Classes en abris provisoires ,7 Collèges privées avec 8 Classes en abris provisoires »

C’est dire que Goudomp remporte la palme d’or en Classe de hutte.

Cette situation est jugée anormale par les potaches de Simbandi Brassou qui, très tôt, ce mercredi ont boudé les salles pour dire « Basta » !

L’intervention du président du conseil départemental ne les a pas amenés à changer de position !

Cette sortie des potaches de Simbandi intervient peu de semaine après le mouvement d’humeur de leurs camarades du lycée de Marssaoum qui réclament un prof de philosophie.

Sanoussy Dia à Sédhiou pour xibaaru.com

1 Comment

  1. Il est parfois déplorable que l’on arrive à ces « extrêmes » pour obtenir gain de cause pour des choses naturelles que l’on devrait avoir sans pression ou contrainte sur les autorités. En effet, si Simbandi-Brassou comme certaines autres localités de la région bénéficient de lycées d’enseignement, on ne peut qu’applaudir par rapport à l’évolution remarquable; partant d’une école à quatre bâtiments du primaire vers les années 1970, en passant par le collège et aujourd’hui, un lycée. Quel merveilleux pas de géant pour les élèves qui se retrouvaient affectés pour certains, après la réussite à l’entrée en sixième, à plus de cinq cent kilomètres de leur lieu de naissance.
    Un tel éloignement provoquait des difficultés énormes d’adaptation au nouvel environnement, posait des questions de logement, de tuteurs et surtout des moyens financiers pour les enfants de cultivateurs que nous sommes. Alors, nous sommes tous heureux de retrouver nos enfants suivre leur scolarité au village bien que certains viennent des villages alentours, mais c’était toujours la famille sans exigences énormes de finances car les coûts pour réussir sa scolarité deviennent moindres.
    Cependant, nous savons que la théorie ne suffit pas pour apprendre, il fallait à ces élèves, collégiens et lycéens des classes qui répondent, au moins aux normes de sécurité, à la disponibilité des outils d’apprentissage pratique, à un certain confort qui n’est tout de même pas un luxe, mais une petite exigence de ce qui existe parfois ailleurs.
    Le rôle de l’Etat, des institutions locales, des élèves et des parents d’élèves devraient être situé pour mesurer la responsabilité de chacun des acteurs dans la dégradation de la situation scolaire. Et j’estime que chacun de ces acteurs avait un rôle majeur à jouer:
    – Aux élus locaux, M. le Maire et M. le Président du Conseil Régional, tous deux étant natifs de Simbandi-Brassou, je ne comprends pas qu’ils ne puissent pas accorder leur violon, pour porter d’une même voix, sur le plan politique une demande de moyens auprès des hommes politiques qui sont leurs mentors et qui prennent des décisions aux niveaux ministériels.
    – Au sous-préfet qui devait habiter dans le chef lieu de la Commune d’arrondissement, il n’est pas sensé ignorer ce qu’il voit et observe en provisoire pour reléguer la situation de ces élèves auprès de l’Etat qu’il représente.
    – Aux parents d’élèves, il est de leur rôle de souligner leur indisponibilité à voter prochainement pour une liste politique qui ne répond pas à leurs sollicitations s’ils l’avaient déjà soumises aux autorités politiques.
    – Quant aux élèves, ils doivent savoir que l’on ne reste pas éternellement jeunes, par conséquent, l’engagement doit se ressentir sur tous les plans, politique, citoyen, scolaire et d’activisme militant. Je veux dire par cela, qu’il ne faut pas donner l’alerte par l’action de la grève qui constitue l’ultime recours. Des lettres avec un accusé de réception auraient pu être envoyées aux hommes politiques, aux représentants de l’Etat au plus haut niveau afin de laisser une trace dans le concert des revendications.
    Enfin, j’invite les élèves à trouver une solution pour que leurs revendications et leurs sollicitations ne perdurent dans une grève dont is sont les seuls perdants. Je suppose que le message a été compris par les autorités responsables de la stagnation de la situation scolaire. Oui, nos enfants peuvent être rassurés que l’arme fatale de nos jours est la communication, par la propagation de l’information que les autorités sont sensées avoir compris. Il reste bien sûr à eux de suivre l’exécution des promesses que l’on leur a données. Bonne entrée et reprise des cours pour toute cette belle et vaillante jeunesse de Simbandi-Brassou et de ses environs. Vive le Sénégal, vive la démocratie et vive l’Etat de droit pour tous.
    Moussa Mané de Simbandi-Brassou, mon village

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