Boubacar Joseph Ndiaye, un esclave libéré

L’annonce de son décès le 6 Février 2009 a fait le tour de la planète, car le personnage emblématique de l’ile de Gorée avait fini par se faire des amis à travers le monde. Boubacar Joseph Ndiaye et Gorée, c’était plus qu’un travail, l’homme en avait fait le combat de sa vie, durant 40 ans. Cette semaine, le site de réservation d’hôtels numéro un en Afrique, jovago a tenu à rendre un hommage à un homme de valeurs au service de l’histoire de l’humanité.

Sa notoriété, Boubacar Joseph Ndiaye l’a acquise par son attachement à l’histoire de Gorée. C’est en 1962 que nait cette passionnante histoire, lorsqu’il est nommé conservateur de la Maison des esclaves après son rachat par l’Etat en 1958. Dès lors, il consacrera sa vie à cette île qui a vu transiter des millions d’Africains exportés vers des cieux inconnus. Celui qui avait fini par être la voix des chaînes des esclaves de Gorée racontait avec passion aux milliers de visiteurs, l’histoire de ces hommes, femmes et enfants arrachés à l’Afrique. Grâce à Boubacar Joseph Ndiaye, la maison des esclaves est devenue mondialement célèbre. Son dévouement et son combat quotidien de valoriser ce lieu, lui ont valu de nombreuses distinctions dont celle de l’UNESCO. En quatre décennies, le charisme, non dépourvu d’humour à l’occasion, de Boubacar Joseph Ndiaye n’a laissé aucun visiteur indifférent, car le maitre des lieux savait captiver l’attention de ses hôtes. En juin 2006, il a été désigné officiellement « trésor humain vivant », car à travers sa personne ce lieu d’histoire a survécu au temps.

Né le 15 Octobre 1922 à Rufisque, Boubacar Joseph Ndiaye est présenté comme l’une des personnalités sénégalaises les plus connues dans le monde, au même titre que le poète président Léopold Sédar Senghor, notamment des historiens, des amis de la culture et des touristes. Celui qui est devenu en 1968 le premier conservateur de la Maison des esclaves de Gorée a fait ses études primaires à Gorée, puis a rejoint l’Ecole professionnelle Pinet-Laprade de Dakar. Avant sa nomination comme conservateur, il a travaillé comme typographe, puis a servi sous le drapeau dans l’armée française en 1943. Boubacar Joseph Ndiaye était le patrimoine vivant de Gorée et son ouvrage « Il fut un jour à Gorée : un devoir de mémoire», paru en 2006 ou encore « La Maison des Esclaves de Gorée», paru plus tôt la même année sont un témoignage poignant d’un homme qui a consacré sa vie entière à lutter contre l’oubli et à briser le silence sur l’une des plus grandes tragédies de l’histoire humaine. Son décès le 6 février 2009 a plongé de nombreux amis de Gorée dans le « noir », heureusement qu’avant son rappel à Dieu vers la « porte du non-retour », le conservateur a su léguer son héritage à la nouvelle génération qui a aujourd’hui le devoir de faire vivre à jamais l’histoire de l’île dans la mémoire collective.

Ismael Cabral Kambell