Le parquet national financier (PNF), chargé depuis le 25 janvier d’enquêter sur les soupçons entourant le candidat LR à la présidentielle française, François Fillon, et son épouse Penelope, a annoncé ce jeudi 16 février 2017 qu’en l’état, il écartait tout classement sans suite de la procédure. A un mois de la date limite pour le dépôt des candidatures, l’enquête continue et M. Fillon n’est toujours pas fixé sur son sort. « Il n’y a rien de nouveau », observe l’intéressé.

« En tant qu’autorité de poursuite, il est de mon devoir d’affirmer que les nombreux éléments déjà recueillis ne permettent pas d’envisager, en l’état, un classement sans suite de la procédure », explique ce jeudi le procureur financier dans un communiqué. Il ajoute que l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) lui a remis les premiers résultats de l’enquête préliminaire.

 

Le parquet national financier précise que les faits sur lesquels il enquête sont « susceptibles d’être qualifiés de détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recels de ces délits, mettant en cause, notamment, M. et Mme Fillon ». Donc, l’enquête sur les emplois présumés fictifs continue. Impossible de dire pour l’heure si l’ancien Premier ministre sera mis en examen ou non, ni quand.

L’incertitude va continuer de peser

Le ministère public peut encore citer directement des protagonistes devant un tribunal correctionnel ou ouvrir une information judiciaire en confiant la poursuite des investigations à des juges d’instruction, qui pourraient à l’issue de la procédure placer des protagonistes sous le statut de témoin assisté ou de mis en examen. M. Fillon avait déclaré qu’il se retirerait de la course à l’Elysée en cas de mise en examen.

« Il n’y a rien de nouveau, ni poursuite ni mise en examen », observe le candidat de la droite à la présidentielle, qui a réagi ce jeudi auprès de journalistes du quotidien Le Figaro. Et d’évoquer « un acte de communication qui nourrit le feuilleton médiatique », regrette-t-il. « Je m’en remets donc désormais au seul jugement du suffrage universel », conclut François Fillon.

La compétence du PNF dans l’affaire

Les avocats du couple Fillon ont réaffirmé ce jeudi que l’enquête en cours était « illégale ». Ils estiment que le délit de détournement de fonds publics ne peut concerner un parlementaire, et que le PNF viole ses propres règles de compétence et, « plus grave » à leurs yeux, le principe de séparation des pouvoirs. Ils dénoncent par ailleurs une violation du code de procédure pénale.

Sommé de se dessaisir du dossier, le procureur financier Eliane Houlette assure que « les investigations vont se poursuivre dans le strict respect des règles qui gouvernent le code de procédure pénale ». L’enquête porte sur les postes occupés par Mme Fillon comme assistante parlementaire. Elle s’intéresse aussi à son emploi comme salariée de la Revue des deux mondes, ou encore sur les emplois d’assistants parlementaires de deux enfants du couple.

Rfi

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