Affaire des malades mentaux errants…La Ministre Awa Marie Col SECK désavouée

Le Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM), Ansoumana DIONE dément formellement les propos, tenus par le Ministre de la Santé et de l’Action Sociale, le Professeur Awa Marie Coll SECK, lors de la cérémonie annuelle conjointe, ce jeudi 28 avril 2016, par rapport au double meurtres, perpétrés par un malade mental, à Louga. En vérité, c’est elle qui a freiné le processus devant permettre aux malades mentaux sénégalais, d’accéder aux soins et aux médicaments, en annulant la tenue d’un Conseil interministériel dont nous avons, nous-mêmes, rédigé depuis 2013, le document introductif qui se trouve présentement dans son bureau. Dans ce document consensuel, se trouvent toutes les solutions, bien faisables, à tous les problèmes que rencontrent ces malades et leurs familles. Parmi celles-ci, figure l’ouverture du centre psychiatrique de Kaolack, construit en 2004 au profit de l’ASSAMM, par l’ex-Président Abdoulaye WADE, pour la prise en charge médicale gratuite et la réinsertion des malades mentaux errant à travers le pays. Donc, dire aujourd’hui que ce centre doit faire seulement faire de la réinsertion, ce qui est d’ailleurs à l’origine de toutes les difficultés qu’il connait depuis son inauguration, le 1er avril 2014, c’est s’opposer tout simplement à la prise en charge de ces malades mentaux errants, qui est d’abord médicale, toujours contrairement aux dires du Ministre Awa Marie Coll SECK. Et, en annonçant une initiative avec l’Hôpital psychiatrique de Thiaroye, pour le traitement de beaucoup de malades mentaux errants, acte que les citoyens doivent magnifier, il s’agit d’un véritable cinéma organisé par son Département, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé Mentale 2015 où seulement dix malades mentaux errants, pas plus, y avaient été internés dans de très mauvaises conditions et confiés illégalement à des accompagnateurs mercenaires dont certains sont restés d’ailleurs jusqu’ici impayés. Pire, la plupart d’entre eux, s’étaient évadés, les autres ayant été remis à leurs familles, à peine stabilisés. L’ouverture de service de psychiatrie dans les tous hôpitaux régionaux, pour éviter le déplacement, souvent très couteux des malades mentaux vers les quelque rares services spécialisés, l’élaboration et la mise en œuvre d’ un document stratégique pour une politique de santé mentale, toujours inexistante au Sénégal, la formation de techniciens supérieurs en santé mentale, à l’Ecole Nationale de Développement Sanitaire et Social (ENDSS), pour combler le manque criard du personnel soignant, entre autres, sont autant de points importants, consignés dans ce document introductif au Conseil interministériel sur l’errance des malades mentaux au Sénégal, que le régime du Président Macky SALL refuse d’organiser, préférant, à la place, ces mêmes discours interminables et fallacieux du Ministre Awa Marie Col SECK. Nous rappelons, pour terminer, que c’est la deuxième fois que les malades mentaux se manifestent de cette façon douloureuse, coïncidant à cette même cérémonie de revue annuelle conjointe et que la presse l’interpelle sur cette problématique, à cette même occasion.

Rufisque, le 29 avril 2016
Ansoumana DIONE, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM)