4 femmes dépouillent le crédit mutuel du Sénégal de 115 millions

Le Crédit mutuel du Sénégal (Cms) a été roulé dans la farine par une bande de quatre femmes. Ces dernières ont mis sur pied cinq groupements d’intérêt économique (Gie) fictifs, avant de solliciter un financement de l’institution bancaire à hauteur de 115 millions. En l’absence des principales mises en cause qui ont pris la clé des champs, trois agents de l’institut bancaire ont comparu et encourent un an ferme. Le parquet a requis trois ans ferme contre les fugitives, en plus d’un mandat d’arrêt. Délibéré le 14 juin prochain

Le Crédit mutuel du Sénégal (Cms) a été victime d’une vaste entreprise d’escroquerie. Et, les actrices de cette opération…bancaire sont une bande de quatre femmes qui ont réussi à gruger l’institution bancaire de 115 millions Fcfa, avant de se fondre dans la nature. Il s’agit de Dieynaba Sow, Coumba Mamadou Sow, Nafissatou Ka et Adama Mbaye. Ainsi, à défaut des principales mises en causes, le Cms s’est contenté de complices présumés qui sont ses agents. Abdou K. Diédhiou, Bakari Diédhiou et Christophe Dieudonné ont comparu hier, à la barre du Tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs, faux usage de faux en écritures privées de banque, escroquerie et complicité d’escroquerie. Et, en dépit de leurs dénégations à la barre, les prévenus encourent un an de prison ferme, requis par le représentant du parquet qui a également requis trois ans ferme contre les fugitives, en plus d’un mandat d’arrêt. Les prévenus seront édifiés sur leur sort le 14 juin prochain.

En effet, pour réussir ce coup de maître, les quatre femmes avaient mis sur pied cinq groupements d’intérêt économique (Gie) fictifs constitués du Gie Takku Ligey, du Gie Mame Diarra Bousso, du Gie Sope Nabi et du Gie Sope Khadim. En plus de ces Gie fictifs, les mises en cause avaient également mobilisé un véritable arsenal de faux constitué de documents sur les statuts des Gie, des actes de cautionnement, des relevées bancaires, des photocopies de véhicules ainsi que leurs cartes grises, des reçus de gage comportant les cachets et signatures scannés de différentes autorités. De vrais faux documents déposés au niveau des agences de Malick Sy et de Hann Maristes afin d’obtenir un prêt. Une demande passée comme lettre à la poste, car la bande à Dieynaba Sow a été attributaire d’un financement de 115 millions Fcfa. Un montant réparti entre les propriétaires fictifs des différents Gie. Le Cms, au moment du remboursement, se désole de constater que les Gie débiteurs n’ont pas payé leur crédit. Ce qui a été à l’origine de la vérification des documents déposés par les quatre femmes. Et, les autorités de la banque ont failli tomber à la renverse quand elles ont déniché le faux. Un faux confirmé par l’enquête qui révèle, en sus, que les auteurs de cet acte délictuel ont agi en complicité avec des agents de la banque. C’est ainsi que les trois prévenus ont été interpellés.

Dans la logique de tirer cette affaire au clair, les enquêteurs avaient réussi à entendre Nafissatou Ka et Adama Mbaye. Ces dernières avaient reconnu que les Gie étaient fictifs et avaient rejeté la responsabilité sur le cerveau qui serait Dieynaba Sow. Elles avaient également mouillé les agents du Cms qui seraient leurs complices.

Toujours, est-il que ces dernières n’ont pas été inculpées et sont rentrées libres. Une aubaine pour elles de prendre la clé des champs ainsi que les autres femmes. A la barre, les prévenus ont contesté toute complicité avec les dames avant d’accuser leur manque de vigilance. Leur avocat s’est inscrit dans cette logique pour indiquer que ses clients n’ont pas été recrutés pour s’occuper de l’authentification des documents. Ce sont les femmes qui ont usé de manœuvres frauduleuses pour tromper la banque.

Suffisant pour plaider la relaxe des complices. Ce qui n’a pas convaincu le représentant du parquet qui révèle que les prévenus ont été embauchés par la banque et à ce titre, ils doivent assumer le travail pour lequel ils ont été recrutés. Le conseil de la banque a réclamé le remboursement du montant du prêt (115 millions) en plus des dommages et intérêts à hauteur de 50 millions.