Zuma accepte de rembourser une partie de l’argent public dépensée pour sa maison

Le président sud africain Jacob Zuma a accepté, mardi, de rembourser une partie de l’argent public dépensée pour la rénovation de sa résidence privée à Nkandla, dans l’Est du pays. Le chef de l’Etat recule ainsi face à la détermination des nombreux manifestants qui étaient descendus dans les rues pour dénoncer ce scandale financier dénommé Nkandlagate.

Pour calmer les esprits, face à des milliers de manifestants déchainés, devant la Cour constitutionnelle, le président Jacob Zuma a décidé de rembourser les 20 millions d’euros qui doivent servir à la rénovation de sa villa à grand renfort de fonds public dans son village natal de Nkandla, a l’Est du pays. «Pour mettre un terme à cette interminable dispute… le président propose que le montant qui doit être remboursé soit fixé de manière indépendante et impartiale», a confirmé la Présidence dans un communiqué publié mercredi, parvenu à nos confrères d’Afrique 24.

Le scandale de Nkandla, révélé en 2009, est une épine dans le pied du président sud africain, qui ne peut plus présenter devant l’hémicycle sans que certains députés de l’opposition ne scandent: «rends l’argent». Cette villa, enrichie d’un poulailler, d’un amphithéâtre ou encore d’une piscine, aux frais du contribuable, s’élève, en termes de dépense, a environ 20 millions d’euros.

LE PEUPLE FAIT RECULER ZUMA

Le président sud africain avait toujours refusé d’obtempérer. Malgré les recommandations de la médiatrice de la République chargée de veillez a l’utilisation des deniers de l’Etat, exigeant le remboursement d’une partie de la somme, le président Zouma tardait jusque-là à s’exécuter. Ce changement intervient à quelques mois des élections locales, enjeu de taille pour le président.

L’opposition, de son coté, a affirmé toute sa détermination à maintenir, si on en croit nos confrères d’Afrique 24, à poursuivre son action devant la Cour constitutionnelle afin de contraindre le chef de l’Etat à rembourser tout l’argent. Les opposants estiment toujours que «pendant trop longtemps Monsieur Zuma et l’ANC (Congrès national africain, en anglais) ont tout fait pour saper le travail de la médiatrice».

L’homme fort d’Afrique du Sud a récemment accepté d’éponger sa dette. Déjà, depuis deux ans, le Nkandlagate est désormais un sujet de plaisanteries amères dans le pays, et ce depuis qu’une première Commission d’enquête parlementaire a conclu que les rénovations étaient en fait des travaux de sécurité et la piscine elle est assimilée a un réservoir d’eau.