Yahya Jammeh vire un juge de la Haute Cour de la Gambie

L’affaire Ousainou Darboe risque d’être une patate chaude pour le régime et la justice gambienne. Après que le juge Ottaba en charge de l’affaire s’est récusé lundi dernier, le juge principal de la haute Cour de justice, Emmanuel Fagbenle, a été démis de ses fonctions, hier, par le Président Yaya Jammeh.

Selon freedomnewspaper, seulement le juge a été révoqué, mais il a été « brièvement » détenu et interrogé par les services secrets gambiens, la National Intelligence Agency (NIA) qui l’ont libéré par la suite.

Le désormais ex-juge en chef de la Haute Cour de justice de la Gambie est de nationalité nigériane. Il est arrivé en Gambie dans les années 90, avec une équipe de juristes nigérians venus apporter une assistance technique au pays de Yaya Jammeh. Il a eu à occuper le poste de Directeur des poursuites publique (DPP), avant de passer à la Haute Cour de justice comme juge simple. Ensuite, il a été nommé président de la Cour d’appel avant de devenir juge en chef de la Haute Cour.

Le limogeage du juge Fagbenle fait suite au désistement de son collègue Ottaba, lui aussi de nationalité nigériane, qui avait en charge le dossier de l’opposant Ousainou Darboe et ses codétenus. Selon nos confrères de freedomnewpaper, Ottaba qui a évoqué un « conflit d’intérêt » pour se débarrasser du dossier des opposants, a été également convoqué et auditionné par la NIA.

Les autorités gambiennes remontées contre lui, lui reprochent son « comportement contraire à l’éthique », du fait des commentaires qu’il a faits sur son désistement et sur le dossier, dans une discussion avec la journaliste gambienne Fatou Camara, exilée aux Etats Unis.

Ottaba a confié à l’ancienne présentatrice à la télévision gambienne, qui a une radio et un journal en ligne, que le procès du leader de l’UDP était politique et qu’il serait mieux de régler l’affaire de manière politique, avec l’implication de la commission inter-partis formée pour gérer le processus électoral et aboutir à une Présidentielle apaisée en décembre prochain. Il a également souligné que le régime et la justice était mal à l’aise avec l’emprisonnement d’un membre éminent du barreau de Banjul (Ousaionou Darboe).