Viol d’une jeune fille au Tchad: Idriss Deby est en colère !

500 jeunes ont manifesté hier, lundi 15 février, d’abord devant le domicile de la jeune fille puis en direction du palais de justice avant d’être dispersés par la police. Un manifestant a succombé à ses blessures. Une mobilisation spontanée en soutien à Zouhoura, une jeune fille séquestrée et violée la semaine dernière par des fils de dignitaires du pouvoir. L’implication d’enfants de l’élite donne une tournure politique à cette affaire. Le président Idriss Deby a réagi sur Facebook. Cette affaire va-t-elle permettre de lever le tabou du viol dans le pays ?
Le groupe de jeunes femmes à l’origine du rassemblement pour réclamer justice pour la petite Zouhoura dit avoir découvert que cette affaire n’est pas une première. Il y en a d’autres, des jeunes filles violées et filmées qui subissent dans le silence un chantage de la part de leurs bourreaux qui se targuent d’une impunité, parce que fils de dignitaires.
Il faut que cela cesse, entre victimes et bourreaux la peur et la honte doivent changer de camp, ont lancé les femmes. Une colère qui semble avoir eu écho. Hier lundi, dans la soirée, le chef de l’Etat a réagi sur sa page Facebook. « C’est en père de famille scandalisé que j’ai réagi pour la première fois sur Facebook pour exprimer toute mon indignation suite à acte ignoble et innommable que des délinquants ont fait subir à la jeune Zouhoura, explique le chef de l’Etat. Je condamne fermement cet acte et rassure toutes les filles, toutes les mères, tous les jeunes, bref… Tous les Tchadiens, que justice sera rendue et que plus jamais cela ne se répètera. Je comprends vos peines et je les partage avec vous » écrit Idriss Deby.
Deux poids, deux mesures
Le Tchad traverse des moments difficiles de tensions sociales, explique à RFI Céline Narmadji, présidente de l’association des femmes pour le développement et la culture de la paix au Tchad et porte-parole du collectif « Trop c’est trop ». « La justice, l’appareil judiciaire, ne répond pas aux besoins de la population. Personne n’a confiance en l’appareil judiciaire. Et c’est un ras-le-bol général ! C’est comme si on était dans un pays où il y a deux poids deux mesures, une minorité avec toute la richesse de ce pays, tout l’armement et où toutes les positions sociales doivent marcher sur les autres, asservir toute une population ».
Les violeurs, donc présumés fils de dignitaires du pouvoir, soient donc être jugés. « Ils doivent être jugés conformément aux textes existants, poursuit Céline Narmadji. Ils doivent être jugés et punis. Ça ne sert à rien de faire semblant de les enfermer. Après ils vont encore narguer les filles dans la rue… Aujourd’hui ce sont les filles. Demain ce sera qui ? Il faut qu’ils soient punis et condamnés par la loi ! Mais c’est l’application de cette loi-là qui pose problème. Avec leurs relations, ces courtisans du pouvoir se croient au-dessus de la loi ».