Une société pêche en Côte d’Ivoire va licencier 382 employés

La société pêche et froid Côte d’Ivoire (PFCI) va licencier 382 employés pour des motifs économiques et non 1500 employés comme annoncé dans certains médias, a précisé, jeudi, à Abidjan Jacques Datté, Secrétariat exécutif du Comité d’administration du régime franc (CARF), une structure sous tutelle du ministère des ressources animales et halieutiques.

Selon M. Datté qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse, il s’agit de « 382 employés » qui sont concernés par ce licenciement et non 1500 personnes comme rapporté dans certains médias. M. Datté s’est appuyé sur des correspondances officielles adressées à son Comité par l’entreprise concernée. Il s’agit maintenant de «payer les droits de façon sociale de ces 382 employés » dont la moitié à un Contrat à durée déterminée (CDD), a poursuivi le Secrétaire exécutif.

«Aucun travailleur ne sera oublié dans le dédommagement », a -t-il rassuré, rappelant que la filière thonière est confrontée depuis plusieurs années à de graves difficultés liées aux différentes crises traversées par le pays. Pour y remédier, a expliqué le Secrétaire exécutif du CARF, le législateur ivoirien a mis en place en décembre 2005, « le régime d’entreprise franche de transformation des produits halieutiques ». Cette mesure a permis de sauvegarder les entreprises industrielles de la filière avec pour objectifs de promouvoir les exportations en accroissant la compétitivité desdites entreprises. Elle avait également pour objectifs de favoriser la création d’emplois et la promotion des investissements. « Les impacts des mesures prises par le régime franc ont permis de sauvegarder les emplois qui sont passés de 2 500 à 3000 », a souligné Jacques Datté, précisant que malgré les efforts consentis par l’Etat pour faire face à la dette à l’égard de la société pêche et froid Côte d’Ivoire (PFCI), il y’a un « accroissement régulier et continue» de la dette. Le régime franc octroie aux entreprises un abattement de 50% sur les facteurs de production énergétique et l’Etat doit s’acquitter des 50% restants. Depuis la mise en œuvre du régime franc, les remboursements de la dette de l’Etat n’ont pu s’effectuer de façon régulière. Il en a résulté, pour la période allant de 2006 à fin 2015 un cumul de dettes de l’Etat à hauteur de 9 milliards de FCFA. De la période de 2006 à 2011, aucun remboursement n’a été effectué. Toutefois, depuis 2011, a expliqué Jacques Datté, grâce aux efforts du gouvernement 5,3 milliards de FCFA de cette dette ont été versés aux entreprises franches Airone (ex-Castelli), Scodi, Pêche et froid Côte d’Ivoire et Bpe. La filière thonière en Côte d’Ivoire et spécialement la conserve de thon, joue un rôle important dans l’économie ivoirienne. Avant la crise socio-politique de septembre 2002, la quantité annuelle de thon mise en transformation sous forme de conserves et longes était estimée à 100 000 tonnes pour un chiffre d’affaires avoisinant 98 milliards de FCFA. Ce niveau de production plaçait la Côte d’Ivoire au premier rang des pays africains exportateurs de thon devant le Sénégal et le Ghana et au second rang mondial derrière la Thaïlande et au sixième rang mondial des pays producteurs.