Une quinzaine de syndicalistes arrêtés au quatrième jour de grève générale

Une quinzaine de syndicalistes ont été arrêtés en lien avec des heurts dans des quartiers de Conakry, jeudi, au quatrième jour de la grève générale.
« Au moins 16 de nos camarades ont été arrêtés et (sont) détenus soit dans les commissariats de police soit dans les escadrons de gendarmerie de la capitale », a déclaré à Oumar Barry, un responsable de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG).
L’USTG a appelé à l’arrêt de travail avec la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG, la plus importante du pays), pour exiger la baisse des prix des carburants et la satisfaction de revendications salariales.
Selon Oumar Barry, les interpellations concernent des responsables de sections syndicales dans des communes de Conakry, essentiellement à Ratoma et Matoto, en banlieue.
Heurts autour de barricades
Ces quartiers ont été le théâtre jeudi de heurts entre des jeunes et des chauffeurs de taxis et de transport en commun, qui tentaient de traverser ces zones, empruntant notamment l’autoroute Fidel Castro, qui relie l’aéroport au centre-ville.
Les jeunes ont érigé des barricades de fortune sur la voie par endroits pour empêcher les véhicules de circuler, affirmant ainsi faire respecter le mot d’ordre de grève. Des heurts ont éclaté avec les conducteurs ayant refusé de s’arrêter. Des forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les jeunes et faire dégager les voies.
Une grève suivie jusque dans l’intérieur du pays
À l’intérieur du pays, le mot d’ordre de grève semblait suivi jeudi dans plusieurs grandes villes dont Labé (nord), Mamou (centre), Kindia (centre-ouest) et Kissidougou (sud-ouest).
Comme au premier jour, lundi 15 février, l’arrêt de travail a paralysé les activités.
Toujours pas d’accord en vue ?
Des négociations rassemblent depuis mercredi 17 février des représentants du gouvernement, dirigés par le ministre porte-parole Albert Damantang Camara, et ceux de l’USTG, de la CNTG ainsi que du patronat, selon des sources officielles et syndicales.
Jusqu’à jeudi 18 février au soir, elles n’avaient pas abouti à un accord permettant de lever le mot d’ordre de grève, a indiqué le porte-parole des syndicats, Mamadou Mansaré. « Nous ne sommes pas tombés d’accord. (…) La grève continue, nous allons rendre compte à nos mandants », a-t-il déclaré.
Tard mercredi 17 février, le porte-parole du gouvernement avait pourtant fait état devant la presse d’un accord entre les différentes parties sur 12 des 13 points de discussions. « Il reste le fameux point concernant le carburant », avait dit le ministre Camara, espérant une décision des syndicats de lever la grève « après avoir rencontré la base ». Elle n’est pour le moment pas venue.