Une pétition pour supprimer la tutelle des femmes saoudiennes

Plus de 14.700 personnes ont signé une pétition demandant au roi Salmane d’Arabie Saoudite de mettre fin à la tutelle des femmes. Le système oblige les 10 millions de femmes du pays à obtenir l’autorisation d’un tuteur pour travailler, se marier, se faire soigner, étudier, voyager ou se faire établir des papiers d’identité.
Aziza Youssef, une universitaire retraitée qui fait partie des instigateurs de l’initiative lancée il y a deux mois sur Twitter avec un hashtag à l’appui, estime qu’il est temps que les Saoudiennes soient considérées comme « des citoyens à part entière ». N’ayant pu remettre la pétition directement au cabinet royal, l’activiste a indiqué qu’elle comptait l’envoyer par e-mail au souverain à la tête de l’Arabie Saoudite depuis 20 mois.
Pour l’indépendance de la femme saoudienne
Le texte prône également que soit déterminé un âge officiel à partir duquel les citoyennes du royaume « sont adultes et responsables de leurs propres actes » sans avoir besoin d’un tuteur.
Le rôle est habituellement tenu par le père ou le mari mais peut également incomber à un frère, un fils ou un neveu dans la seule nation au monde où la conduite d’un véhiculeest interdite aux femmes. En cas d’incarcération, les prisonnières ayant purgé leur peine doivent par ailleurs être remises à leur tuteur, qui peut refuser de les accueillir et ainsi maintenir leur détention.
23 % des Saoudiennes travaillent
En juillet dernier, un rapport de Human Rights Watch (HRW) indiquait que « le système de tutelle masculine en Arabie saoudite reste l’entrave la plus importante aux droits des femmes dans le pays, malgré les réformes limitées de la dernière décennie ». Ainsi, un Programme de Transformation nationale a fixé des objectifs concernant la part des femmes sur le marché de l’emploi.
Cette dernière devrait passer à 28 % en 2020, contre 23 % aujourd’hui. Mais même si le gouvernement n’exige plus l’aval d’un tuteur pour employer une femme, certains employeurs exigent toujours cette autorisation, note HRW. Ainsi, pour les activistes à l’origine de la pétition, l’abrogation du système de tutelle permettrait aux Saoudiennes de travailler plus facilement.