Un retour d’Amadou Toumani Touré à Bamako se fait de plus en plus sentir

En exil au Sénégal depuis 2012, l‘éventualité d’un retour au Mali de l’ancien président Amadou Toumani Touré meuble les conversations dans le pays et fait les choux gras des journaux. Un discours de l’actuel chef d‘État, Ibrahim Boubakar Kéita en est à l’origine.

L’ancien président Amadou Toumani Touré rentrera-t-il ou pas au Mali ? Cette question est actuellement sur toutes les lèvres dans le pays, et barre particulièrement la Une des journaux. Samedi, à l’occasion de la “Journée du paysan” qui marque officiellement l’ouverture de la campagne agricole au Mali, le chef de l‘État Ibrahim Boubakar Keita a levé un coin du voile sur la question. “Je suis reconnaissant à mon jeune frère Amadou Toumani Touré, ex-président de la République du Mali, pour avoir initié la Journée du paysan, a lancé IBK. Beaucoup de choses se disent dans nos relations, mais je sais qu’il n’y a rien d’intrigant ni de méchant entre nous. On se verra très bientôt…”.

Il n’en a pas fallu plus pour que la presse malienne s’agite autour de la question. Pour beaucoup de médias, l’actuel chef de l‘État a “cédé” à la pression du peuple et de la classe politique. C’est d’ailleurs le constat que fait le quotidien Le Pays. “Face à la pression incessante des hommes politiques et de la société civile, ces derniers jours, exigeant le retour d’ATT au Mali et de sa réhabilitation, IBK a fait un rétropédalage samedi”, affirme-t-il. De son côté, le site Maliweb va plus loin et affirme que le retour de ATT “n’est qu’une question de semaines ou de mois.” Pour le site, cette décision est “un geste d’apaisement de la part d’IBK qui semble de plus en plus attentif aux attentes de ses concitoyens”.

En effet, il y a une dizaine de jours, une marche de l’opposition revendiquait le retour de l’ex-président malien en exil à Dakar depuis 2012. Les opposants à Ibrahim Boubacar Kéita font valoir que “l’exil d’ATT est une honte pour la République et la démocratie maliennes”.

Le camp présidentiel, lui, n’a toujours pas réagi face aux allégations de la presse malienne sur la récente sortie du président.

Amadou Toumani Touré a été renversé par un coup d‘État, dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, à deux mois de la fin de son second mandat. Ses bourreaux du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l‘État – dirigé par le capitaine Amadou Sanogo – lui reprochaient sa mauvaise gestion de la crise dans le nord du Mali entre l’armée et la rébellion Touareg. Le 08 avril 2012, il démissionne officiellement de ses fonctions de président avant de prendre le chemin de l’exil avec sa famille et s’installer chez son voisin sénégalais.