Un deuxième débat houleux entre Trump et Clinton

epaselect epa05579067 Republican Donald Trump (L) and Democrat Hillary Clinton (R) during the second Presidential Debate at Washington University in St. Louis, Missouri, USA, 09 October 2016. The third and final debate will be held 19 October in Nevada. EPA/GARY HE

Entamé dans un climat délétère, ponctué de coups bas, le second débat présidentiel américain entre Donald Trump et Hillary Clinton s’est terminé sur une note plus apaisée avec une question d’un électeur interrogeant les candidats sur ce qu’ils respectent chez leur adversaire. Les rivaux se sont quittés sur une poignée de main cordiale, ce qu’ils avaient évité de faire en début de rencontre.

« Hillary Clinton est une battante, elle ne lâche rien, bien que je sois en désaccord sur tout avec elle », a conclu le républicain Donald Trump, mis à mal ces derniers jours par la révélation de ses propos dégradants envers les femmes. 

Hillary Clinton a accueilli la question avec un large sourire avant de botter en touche. La démocrate a préféré répondre qu’elle respectait les enfants de Donald Trump, « capables et dévoués, ce qui en dit long sur Donald. Mais je ne suis en accord avec rien de ce qu’il dise ou fasse », a-t-elle souligné.

Des « discussions de vestiaires »
Durant 01h30, les deux rivaux ont répondu aux questions d’électeurs indécis, devant un panel de quarante citoyens réunis à Saint-Louis (Missouri).

Les débats, retransmis dans les médias et largement commentés, ont été houleux. Des confrontations brutales dès l’entame du débat ont immédiatement porté sur les propos sexistes de Donald Trump ou les accusations d’agressions sexuelles contre Bill Clinton, ancien président américain et époux d’Hillary Clinton.

Interrogé de but en blanc sur la vidéo qui a placé le candidat républicain dans la tourmente pour ses propos dégradants envers les femmes, Donald Trump a affirmé qu’il s’agissait de « discussions de vestiaires », dont il était honteux et qui ne représentaient pas son comportement.

Pour Mme Clinton en revanche, les mots crus de la conversation reflètent « qui est Donald Trump ». « Ce n’est pas seulement les femmes, mais il vise aussi les immigrants, les Afro-américains, les Latinos, les handicapés, (…) et tant d’autres ».

Bill Clinton « abusait des femmes »
Le républicain a répliqué à sa rivale que Bill Clinton, le mari de celle-ci, « abusait des femmes », et qu’aucun autre politique dans l’histoire de la nation ne s’était comporté de la sorte. Donald Trump a alors présenté plusieurs femmes présentes dans l’audience, qui ont par le passé accusé M. Clinton d’agressions sexuelles.

L’ancienne First Lady a répondu sobrement que les insinuations de M. Trump étaient fausses et basses, et l’incitaient à réagir avec hauteur. Elle a en retour prié le New Yorkais de s’excuser pour d’autres mensonges, comme celui au sujet du lieu de naissance du président Barack Obama.

Au cours du débat, Donald Trump a également accusé à plusieurs reprises sa rivale de mensonges, évoquant notamment les courriers électroniques privés que celle-ci a fait disparaitre alors qu’elle était Secrétaire d’Etat. Il a prévenu qu’une fois élu, il nommerait un procureur spécial pour la poursuivre, la menaçant encore de la prison plus tard lors des échanges.

« Il vit dans un autre monde », a par ailleurs lancé Mme Clinton, jugeant « amusant » de voir quelqu’un « qui n’a pas payé d’impôts sur le revenu pendant 20 ans expliquer ce qu’il va faire » sur la fiscalité. Face à l’audience, le magnat de l’immobilier a en effet admis ne pas avoir payé de taxes après avoir essuyé des pertes en 1995, et avoir usé pendant 18 ans de déductions fédérales pour les éviter ensuite.

Clinton accuse la Russie de vouloir influencer la présidentielle
De vigoureux échanges ont également porté sur la Russie. « Nous n’avons jamais vu dans l’histoire de notre pays une situation dans laquelle un adversaire oeuvre à influencer l’issue des élections, et ils ne font pas cela pour me voir élue. Ils le font pour influencer les élections en faveur de Donald Trump » a déclaré l’ancienne chef de la diplomatie. Elle a porté l’idée de lancer une enquête sur la Russie pour crimes de guerre en Syrie.

Son rival républicain a pour sa part annoncé que les USA devaient avoir une relation constructive avec la Russie et réfuté que Moscou soit impliqué dans de récents piratages informatiques constatés par le gouvernement américain.

Les deux rivaux se rencontreront une troisième et dernière fois pour débattre le 19 octobre à Las Vegas, avant le scrutin présidentiel prévu le 8 novembre.