Tchad : Idriss Déby prête serment pour un 5ème mandat devant 14 chefs d’État africains

Le président tchadien réélu Idriss Deby Itno, 64 ans, a prêté serment pour un cinquième mandat lundi 8 août dans un climat très tendu. La veille, l’un des manifestants contestant sa réélection est mort dimanche lors d’une marche de l’opposition.

« Je suis le président de tous les Tchadiens », a rappelé Idriss Deby Itno à ses opposants lors de son discours d’investiture, auquel participait plusieurs chefs d’État africains.

Buhari, Issoufou, Kaboré…

Ils étaient en effet 14 à avoir fait le déplacement. Parmi eux, le Nigérian Muhammadu Buhari, le Nigérien Mahamadou Issoufou (Niger), le Malien Ibrahim Boubacar Keita, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré ou encore le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

La lutte contre le terrorisme a justement été au centre du discours du président tchadien, au pouvoir depuis 1990. Depuis son estrade, le chef de l’État réélu le 10 avril a promis « une lutte implacable contre le terrorisme partout où il menace nos intérêts et notre sécurité ».

La France présente auprès de son allié

Quant à la France, dont le Tchad est un allié de taille dans la lutte contre le terrorisme, Paris avait envoyé son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Le chef de file de l’opposition, Saleh Kebzabo, officiellement second du scrutin d’avril avec 12,77% des voix, s’est déclaré lundi « déçu » par la présence du ministre français : l’opposition demande en vain à la France et la communauté internationale de reconnaître « la nature dictatoriale » du régime du président tchadien.

Un mort dimanche

Depuis samedi, l’opposition conteste dans les rues la réélection du chef de l’État. Saleh Kebzabo a d’ailleurs affirmé que l’opposition maintient ce lundi 9 août l’opération « ville morte » pour protester contre ce qu’il qualifie de « hold up électoral ». N’Djamena était effectivement bien calme lundi, une tranquillité imputée par le parti au pouvoir aux festivités de l’investiture.

Dimanche, un jeune Tchadien a été tué par balle alors qu’il manifestait à N’Djamena à l’appel de l’opposition. Ce rassemblement avait été interdit pour des raisons de sécurité, et quatre autres personnes auraient aussi été blessées. Comme samedi, où un meeting avait été dispersé par la police anti-émeute, l’opposition avait décidé de maintenir dimanche sa « marche pacifique », bravant l’interdiction décrétée par le ministre de l’Intérieur.