Simone Gbagbo se lave totalement de la guerre chez elle

Lors de la reprise lundi à Abidjan de son procès pour crimes contre l’humanité, Simone Gbagbo a catégoriquement nié avoir été en contact avec des escadrons de la mort. «Je n’ai envoyé personne aller faire la guerre», a clamé l’ex-première dame ivoirienne.

Après une semaine de suspension, le procès contre Simone Gbagbo a repris lundi 20 juin devant la Cour d’assises d’Abidjan. Une reprise qui a coïncidé avec le 67è anniversaire de l’ex-première dame ivoirienne, accueillie au palais de justice par un «Joyeux anniversaire mamie ! » scandé par une dizaine de ses partisans.

Au cours de l’audience, l’un des avocats de la partie civile a demandé à Simone Gbagbo,  élégamment vêtue d’une robe fleurie rouge-blanc, la tête nouée d’un foulard assorti, si elle avait eu « connaissance d’un document qui parle d’une cellule d’éradication de la peste ». Selon l’avocat, ce document élaborait « une stratégie pour exterminer un groupe d’individus ».

Les réponses de Simone Gbagbo

« Je n’ai pas connaissance d’un tel document », a répondu sèchement l’épouse de l’ex-président Laurent Gbagbo, allant jusqu’à accuser l’un des avocats d’en être « le rédacteur ».

Ce document « remis par l’accusation » est contesté en effet par les avocats de la défense qui rappellent que des papiers ont été saisis au domicile du couple lors de leur arrestation le 11 avril 2011, de « façon illégale », mettant en doute « l’authenticité » de certaines pièces versées au dossier.

Je n’aime pas les armes.

« Étiez-vous en contact avec les escadrons de la mort ? », a encore demandé l’avocat de la partie civile.

« Je n’étais en contact avec aucun escadron de la mort. Je n’aime pas les armes. Je n’ai pas une âme de guerrière », a martelé celle qui était surnommée « la dame de fer », ajoutant : « Les combats que j’ai menés, c’est avec ma bouche ». « Je n’ai envoyé personne aller faire la guerre », a-t-elle affirmé.

L’audience doit se poursuivre ce mardi, avec l’intervention de la défense de Simone Gbagbo, qui purge déjà une première peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », prononcée l’an dernier.

La crise postélectorale en Côte d’Ivoire de 2010-2011, qui a fait plus de 3 000 morts en cinq mois, avait été provoquée par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

Jeune Afrique