Sarkozy, le Trump français? « Je suis l’ami d’Hillary Clinton »

Nicolas Sarkozy, en campagne pour décrocher l’investiture de la droite à l’élection présidentielle de 2017, n’accepte pas les comparaisons avec le candidat républicain. Depuis l’annonce de sa candidature, l’ancien président français Nicolas Sarkozy enchaîne les déclarations choc, se positionnant sans l’avouer comme un candidat à droite de la droite. Après la « Lepénisation », la « Trumpisation » Marcher sur les plates-bandes du Front national n’est pas nouveau pour l’ancien chef d’Etat, une stratégie déjà adoptée en 2007 et 2012, avec plus ou moins de succès.

Mais aujourd’hui, ses adversaires ne l’accusent plus uniquement de « Lepénisation », mais également de « Trumpisation. » « Certains candidats ont trop regardé les shows de M. Trump », lançait récemment un porte-parole d’Alain Juppé au Figaro en visant explicitement l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine. Identité nationale Une comparaison qui n’apparait pas comme totalement dénuée de sens au regard des dernières sorties de Nicolas Sarkozy. Sur l’identité nationale notamment, lorsque l’ancien président affirme que « quelle que soit la nationalité de vos parents, jeunes Français, au moment où vous devenez français, vos ancêtres, ce sont les Gaulois et c’est Vercingétorix. »

Une tradition française à laquelle ne peut s’accorder le burkini, sujet sur lequel Sarkozy fut particulièrement virulent. Immigration Sur l’immigration, ensuite, l’un des sujets favoris de Donald Trump, lequel envisage de construire un gigantesque mur à la frontière mexicaine s’il est élu. Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy critique « la démission » du gouvernement Hollande. « La France ne peut accepter toute la misère du monde », rappelait-il la semaine dernière sur France 2 lors de son passage dans « L’émission politique. » En visite mercredi à Calais, le Républicain avouait redouter que la France soit « submergée par l’immigration » et a promis de « régler le problème » de la Jungle.

Climatoscepticisme Enfin, et c’est nouveau dans le chef de Sarkozy, le climatoscepticisme. Alors que le milliardaire new yorkais a toujours contesté l’action de l’homme sur le climat, Nicolas Sarkozy a fait volte-face sur la question il y a quelques jours, s’attirant les foudres de la classe politique française, même au sein de son propre parti. « Je regrette que lui (Nicolas Sarkozy, ndlr) et d’ailleurs certains autres dans ma famille politique renient leurs convictions sur l’écologie et ne défendent plus, voire rejettent, ce qui a été notre bilan sur ce sujet », réagissait Nathalie Kosciusko-Morizet au micro de France Inter.

L’ami de Clinton et Obama Malgré ces points communs évidents, Nicolas Sarkozy refuse d’être comparé à Trump, lequel n’a, il faut bien l’avouer, pas bonne presse en Europe. Le Français joue donc la carte Clinton pour se débarrasser de l’image du sulfureux Républicain. « Il se trouve que moi je suis l’ami d’Hillary Clinton », a rétorqué l’ancien président jeudi sur BFMTV. « Qu’est-ce que j’ai à voir avec Monsieur Trump? », s’est-il insurgé. « Vous me faites penser aux mêmes, qui en 2007, faisaient campagne contre moi. À l’époque, j’étais comme Bush. Alors que j’étais ami et que je connaissais déjà Barack Obama», a affirmé Nicolas Sarkozy.