Rentrée scolaire en Côte d’Ivoire: les parents d’élèves pleurent… les commerçants rient

A moins de deux semaines de la rentrée des classes, parents d’élèves se démènent pour assurer les frais de scolarité et acheter les fournitures de leurs enfants là où les commerçants de fournitures scolaires se frottent les mains pour les  »bonnes affaires » réalisées en cette période de rentrée scolaire.

La rentrée scolaire 2016-2017 s’annonce à grands pas. Dans moins de deux

semaines, le 12 septembre, exactement, écoliers et élèves ivoiriens retrouveront le chemin des classes après des vacances studieuses. Dans l’attente de cette rentrée placée sous le sceau de  » l’école obligatoire  » par les autorités du système éducatif national, les parents d’élèves prennent d’assaut les librairies conventionnelles et les librairies  »par terre » (revendeurs de seconde main) pour les achats des fournitures de leur progéniture. Au Plateau, quartier administratif et centre d’affaires au cœur de la capitale économique ivoirienne, Ferdinand Yéo fait les rayons d’une librairie d’un important groupe français.  » Je suis venu ce matin pour me renseigner sur les prix des fournitures scolaires de mes deux enfants. L’un en classe de 5è et l’autre en 1ère C. J’ai désormais une idée des prix qui connaissent, en général, une hausse », avance -t-il, rangeant les deux listes de fournitures pour lesquelles, il n’a pas  »moins de 120.000 FCFA » à débourser. Pour Mme Geneviève Digbeu,  » les fournitures sont chères cette année dans les librairies conventionnelles », d’où sa préférence à aller se ravitailler chez  »les libraires par terre » qui vendent les fournitures de seconde main.  »Là-bas, au moins, on peut marchander pour obtenir des prix à la portée de nos bourses. De toutes les façons, nous n’avons pas le choix. Il faut bien mettre les enfants dans de bonnes conditions de réussite », indique cette mère de trois enfants dont un au primaire et deux au secondaire pour des frais de fournitures scolaires évalués à  » 250.000 FCFA », selon elle.  »Je vais acheter le minimum en attendant pour que les enfants commencent les cours et au fur à mesure je vais compléter car il n’y a pas l’argent », se propose Mme Digbeu. A Adjamé, la commune commerciale par excellence de la grande métropole ivoirienne, les étals des vendeurs et vendeuses de fournitures ne manquent pas de visiteurs. Élèves et parents d’élèves se bousculent pour acquérir des fournitures à bas prix, car  » il n’y a pas l’argent et la rentrée approche ». Debout au milieu de livres, cahiers, tenues scolaires …, Mamadou Doumbia, commerçant de fournitures scolaires, semble se satisfaire des premières recettes.  » On ne se plaint pas pour le moment. C’est les parents qui pleurent parce qu’ils n’ont pas d’argent mais il faut quand même payer les fournitures des enfants », indique-t-il, expliquant ne pas chercher à gagner beaucoup de bénéfice sur les articles.  »Les cahiers de 100, 200 et 300 pages se négocient, respectivement, à 100 F, 250 F et 400 FCFA soit une réduction allant de 50 à 150 FCFA », assure M. Doumbia. ‘’La rentrée de cette année sera un peu difficile par rapport aux autres années parce qu’elle coïncide avec la fête de la Tasbki’’, soutient Amadou Coulibaly. En effet, la communauté musulmane de Côte d’Ivoire célébrera la fête de la Tabaski ou fête de l’Aid-El-Kébir le 11 septembre prochain. Cette fête est marquée par l’immolation d’un

bélier pour sacrifier à la tradition d’Abraham. Pour Parfait Kouamé, les parents d’élèves n’ont pas le choix.  » Nous sommes dans l’obligation d’acheter toutes les fournitures de la liste pour que les enfants suivent les cours », souligne-t-il, ajoutant que  »le prêt scolaire contracté auprès de mon employeur ne suffit pas pour les cinq enfants dont j’ai la charge ». Quant à Kouamé N’guessan, il dit avoir recours à la magnanimité de Camara Diallo, un libraire particulier pour faire face à la rentrée scolaire de ses quatre enfants et deux neveux, tous inscrits dans un établissement privé.  »Si j’ai pu les inscrire tous, pour les fournitures, Camara que je connais depuis deux ans, m’a fait des facilités pour le paiement échelonné des fournitures », dit-il, à la satisfaction du vendeur qui vient de faire une  »bonne » opération, précisant que  »le délai de grâce est de deux mois ». Joël Oulaï, venu faire les achats pour ses  »deux petits frères » du secondaire, trouve que  »les prix varient d’une librairie à une autre pour un même produit ». Cependant, il espère  »s’en sortir » pour acheter le maximum de fournitures, à défaut de la totalité  »pour permettre aux enfants de commencer les cours dès le premier jour » de la rentrée.