Présidentielle au Bénin : Lionel Zinsou reconnaît sa défaite face à Patrice Talon

Le Premier ministre Lionel Zinsou n’a pas attendu l’annonce des résultats officiels du second tour de la présidentielle pour reconnaître la victoire de l’homme d’affaires. « J’ai appelé Patrice Talon ce soir pour le féliciter de sa victoire et lui souhaiter bonne chance », a-t-il déclaré sur sa page Facebook.

« Les résultats provisoires font apparaître une victoire très nette de Patrice Talon », a-t-il déclaré par téléphone à l’AFP. « L’écart est significatif, la victoire électorale (de M. Talon) est certaine. »

De son côté, Patrice Talon s’est exprimé sur Sikka TV, une télévision appartenant à son allié Sébastien Ajavon. « J’ai le sentiment d’être un soldat en train de faire son paquetage pour aller au front, a-t-il dit. Ce n’est pas un jour de gloire. Les félicitations devront attendre, car lorsqu’un soldat va au front, on ne le félicite pas, on l’encourage. La tâche ne sera pas facile. Mais nous sommes contents et ravis que notre pays tourne la page ! »

Des résultats provisoires probablement dans la journée de lundi

Le Premier ministre n’a pas souhaité communiquer de chiffres concernant le scrutin, mais la Commission électorale (Cena) pourrait annoncer des résultats provisoires « probablement dans la journée de lundi », a-t-il précisé. Il a salué « une campagne exceptionnellement sereine et calme, sans trouble ni tension » dans ce petit pays ouest-africain, premier État d’Afrique francophone à avoir entamé une transition démocratique au début des années 1990.

Dans la nuit, le quotidien béninois La Nouvelle Tribune a publié sur son site des estimations de l’Institut béninois des sondages, donnant 64,8% des voix à Talon, contre 35,2% à Zinsou. Ce sondage a été réalisé dans 394 bureaux de vote représentatifs, mais ne porte néanmoins que sur 3% des suffrages exprimés.

Premier tour serré

Patrice Talon bénéficiait du précieux soutien de 23 autres candidats du premier tour. Lionel Zinsou était arrivé en tête lors du premier tour du 6 mars d’à peine 100 000 voix, suivi de près par Patrice Talon (27,11% contre 23,52%).

Concernant le scrutin lui-même, « tout s’est bien passé, rien de grave à signaler » à part quelques « tentatives de bourrages d’urnes » en cours de vérification, a déclaré à l’AFP le général Mathieu Boni, un des responsables d’une plateforme de la société civile qui avait déployé quelques milliers d’observateurs.