Pétrole : le Nigeria à la recherche d’argent « bon marché »…11 milliards de dollars à trouver

Le déficit budgétaire du Nigeria s’élève à 11 milliards de dollars (9,7 milliards d’euros). Pour financer ses projets d’infrastructures, l’État s’est donc lancé dans une politique d’emprunts. La ministre des Finances Kemi Adeosun, veut lever 9 milliards de dollars sur les marchés nigérian et internationaux et affirme explorer toutes les pistes pour emprunter de l’argent aux meilleurs taux possible.

Un pas vers la Chine et le Japon

« Dans un premier temps, nous cherchions environ 1 milliard de dollars sur le marché des eurobonds », explique Kemi Adeosun. Mais aujourd’hui, elle envisage de se tourner davantage vers les marchés obligataires chinois et japonais, moins chers et plus attrayants. Le président Buhari (photo) s’est d’ailleurs rendu en personne à Pékin, du 11 au 15 avril, pour mobiliser l’aide de la Chine pour ses projets d’infrastructures.

Aucun road show n’a été organisé jusqu’ici, le vote tardif du budget au Parlement, en mars, ayant ralenti le processus. Mais l’État est décidé à solliciter le marché au troisième trimestre de cette année.

Kemi Adeosun a également pris langue avec la Banque mondiale et la BAD pour un prêt de 3,5 milliards de dollars destiné à couvrir le reste du déficit budgétaire. Mais cela pourrait se révéler plus compliqué que prévu. Certes, selon la ministre, la Banque mondiale a approuvé les initiatives du gouvernement destinées à collecter plus d’impôts et à mieux contrôler les dépenses publiques : les effectifs des ministères sont en train d’être audités et les postes de fonctionnaires fictifs supprimés, tandis que les agences gouvernementales sont sommées de justifier leurs recettes et leurs dépenses.

Mais de son côté, le FMI a clairement exprimé sa préoccupation concernant l’engagement du gouvernement à endiguer l’inflation, qui est passée de 7,9 % en décembre 2015 à 9,6 % en janvier 2016.