Paul Biya n’aime pas les presses privées…Il les ferme

La Fédération des Editeurs de presse du Cameroun (FEDIPRESSE) a condamné la pose des scellés par une escouade de policiers, sur les portes du siège du journal à capitaux privés Aurore Plus, le 11 mai dernier dans la métropole économique, Douala, à la suite d’une mesure de suspension de 3 mois prise le 11 mars par le Conseil national de la communication (CNC).

Dans un communiqué paru vendredi, elle dénonce «cette atteinte à l’inviolabilité d’une salle de rédaction, qui constitue un net recul du respect de la liberté de presse, consacrée dans toutes les démocraties».

Réaffirmant leur ferme opposition à la fermeture ou la suspension d’une entreprise de presse, les éditeurs invitent par conséquent les pouvoirs publics du pays à renoncer à toute mesure tendant à contrôler ou à limiter la liberté d’expression.

Une fois de plus, la FEDIPRESSE «attire l’attention du gouvernement sur les inconvénients que la suspension des journaux et des journalistes génère sur l’image du Cameroun, au moment même où va se tenir à Yaoundé une Conférence économique internationale sur les opportunités d’investissement» dans le pays.

Le CNC, organisme d’émanation gouvernementale placé sous l’autorité du Premier ministre, avait séparément suspendu, pour une durée de 3 mois, Aurore Plus mais aussi son directeur de publication, Michel Michaud Moussala en même temps que deux de ses journalistes étaient suspendus d’exercice pour 6 mois.

Cette publication avait été traînée devant cette juridiction par le directeur général de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), Jean Paul Nana Sandjo, pour «publication d’informations non fondées et de nature à porter atteinte à son honorabilité».

Au terme d’une procédure expéditive, le CNC «a établi la responsabilité du directeur de ce journal, du fait de la publication d’accusations non justifiées ne répondant guère aux exigences professionnelles de recoupement et d’équilibre de l’information publiée».

L’on note que les décisions du CNC, organe se régulation et de consultation doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, ont toujours été contestées par aussi bien par les médias à capitaux privés locaux que par les défenseurs de la liberté de presse.