Mugabé accuse les Européens…Parce que les salaires de son pays ne sont pas payés

Au Zimbabwe, la tension sociale est toujours vive. Depuis une semaine, les mouvements de grève et les rassemblements se multiplient un peu partout dans le pays face au retard de paiement des salaires et à une situation économique désastreuse. Les appels à la démission de Robert Mugabe s’intensifient. Ce week-end, le président s’est exprimé pour la première fois.

Le chef de l’Etat nonagénaire a donné une explication claire. Si les travailleurs perçoivent leur salaire en retard, c’est à cause des pays occidentaux, c’est la faute aux sanctions internationales imposées par les Etats-Unis et l’Europe, les coupables, ce sont ces quelques pays qui interceptent les paiements destinés aux salariés. C’est ce qu’a déclaré Robert Mugabe ce week-end, devant une foule de supporters dans un stade situé non loin de la capitale Harare.

En grève depuis la semaine dernière, des fonctionnaires qui n’ont toujours pas été payés, multiplient les manifestations et les appels à la démission du président. Des médecins, des infirmiers et des enseignants descendent dans les rues un peu partout au Zimbabwe, rejoints par une population en colère et en détresse, victime d’une économie à terre où la survie fait partie de leur quotidien.

Le week-end dernier déjà, plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées à Beitbridge après l’annonce de nouvelles lois d’importation : il ne sera désormais plus possible de ramener d’Afrique du Sud certains produits, comme de la confiture ou des extensions capillaires, à moins d’avoir un permis spécial. Face aux protestations, la brutalité policière, le tabassage de manifestants et les arrestations arbitraires ont été observés tout au long de la semaine.