Mankeur Ndiaye dégage des pistes pour combattre Boko Haram

« En Afrique, la typologie classique des menaces à la paix et la sécurité est connue. Il s’agit généralement de la lutte pour le contrôle du pouvoir politique ou des ressources naturelles ; des conflits frontaliers et identitaires ou encore ; du séparatisme exacerbé par les différences religieuses et ethniques ». C’est en ces termes que le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a introduit son intervention à la première Conférence ministérielle entre l’Italie et l’Afrique. La rencontre, ouverte ce mercredi 18 mai, à Rome, a été un prétexte pour Mankeur Ndiaye d’identifier les « défaillances en matière de gouvernance politique » comme étant les « causes de ces conflits dits ‘de première génération’ ».

A ces causes s’ajoutent, selon lui, le terrorisme, la criminalité transnationale organisée, le trafic d’êtres humains et nombre d’activités illicites lucratives comme le trafic de drogue, de cigarettes et la piraterie maritime.

C’est en quoi il a appelé à la « vigilance devant l’opportunisme de Boko Haram ». Un mouvement terroriste « qui profite des défaillances de notre système sécuritaire et de renseignement pour faire payer un lourd tribut aux populations civiles du Nigéria, du Niger, du Cameroun et du Tchad ».

Aujourd’hui, « plus de 30 mille personnes ont été victimes du terrorisme en 2015 et le Nigeria qui paie le plus tribut en Afrique », alerte Mankeur Ndiaye.

« Du côté de l’Afrique occidentale, les attentats de Bamako des 20 novembre 2015 et 7 mars 2016, suivis de ceux de Ouagadougou (Burkina Faso) et de Grand Bassam, respectivement le 15 janvier et le 13 mars 2016, ont fini d’installer cette partie du continent dans une spirale de violence terroriste sans précédent qui fait craindre la constitution d’une alliance meurtrière entre Boko Haram d’une part et, AQMI et autres groupes affiliés d’autre part », explique le ministre des Affaires étrangères. Et d’ajouter que les terroristes « ont fait de l’Afrique du Nord et du Sahel leurs Zones d’opérations de prédilection avec un bilan macabre des plus effroyables, en Tunisie et en Libye, par exemple ».

Pour être complet, Mankeur Ndiaye y ajoute « l’Afrique orientale et la corne de l’Afrique, prises en étau depuis des décennies par Al-Shabbaab », l’accès risqué du  golfe d’Aden et la terreur au Golfe de Guinée.

Pour endiguer cet extrémisme violent, le ministre des Affaires étrangères plaide pour le renforcer la collaboration interrégionale en s’appuyant sur les « mécanismes régionaux de prévention et de gestion des conflits » entre la CEDEAO et la CEEAC ou encore, entre la CEDEAO et l’UEMOA, « récemment dotée d’un chantier Paix et Sécurité dont la mise en œuvre est confiée au Sénégal ».

Ce combat se gagnera à la condition prévient Mankeur Ndiaye d’« œuvrer à prémunir nos jeunes contre l’obscurantisme et l’extrémisme qui mènent à la violence, grâce à la mise en œuvre de programmes harmonisés en matière d’éducation, de formation et d’emploi, afin de leur donner des raisons d’espérer ».