Manif à Conakry…Ils veulent la démocratie

Ce n’est pas qu’à Bamako seulement que les forces de l’ordre ont mortellement réprimé une manifestation. A Conakry également, l’opposition guinéenne avait organisé avant-hier mardi 16 août une marche pacifique pour demander plus de démocratie, de justice, de sécurité et de liberté. Une marche autorisée, mais qui finira par dégénérer. La police a ouvert le feu sur plusieurs personnes au niveau du rond-point de Bameto, un quartier de la capitale Conakry vers 17h30. Un jeune homme d’une vingtaine d’années a été tué d’une balle dans le cou et une autre personne au moins a été blessée, rapporte Amnesty qui renseigne d’ailleurs, sur la base des témoignages des personnes qui ont déposé le corps sans vie du jeune homme à l’hôpital ont déclaré que ce dernier ne prenait pas part à la marche et qu’il avait été tué sur sa terrasse, au troisième étage d’un immeuble donnant sur la rue.

Même si «l’arrestation du policier est un premier pas positif», Alioune Tine Directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest engage les autorités à «s’assurer qu’une enquête impartiale et indépendante est effectivement ouverte et que toutes les responsabilités sont situées y compris celles des supérieurs hiérarchiques s’ils n’ont pris aucune action pour prévenir l’usage excessif de la force dans leurs unités». Il trouve «inadmissible que des personnes soient encore tuées ou blessées par balle par les forces de sécurité dans le cadre d’une manifestation pacifique en Guinée». Amnesty note qu’au cours des dix dernières années, au moins 360 personnes sont mortes lors de manifestations en Guinée, dont 19 en 2015, et plus de 1 800 ont été blessées. La plupart des victimes étaient des manifestants, parfois de simples passants, tués par balles ou matraqués à mort par les forces de sécurité.