Madagascar: les coupures d’électricités fréquentes lassent la population

Depuis deux semaines à Madagascar, les coupures d’électricité font à nouveau partie du quotidien. Les entreprises râlent, les habitants aussi. La Jirama, la société d’Etat qui fournit l’eau et l’électricité, est continuellement sous le feu des critiques : mauvaise gestion, détournement d’argent, vente d’électricité à perte. Malgré des subventions qui se chiffrent à plus de 100 millions de dollars par an, la société n’arrive pas à être rentable ni à fournir convenablement l’eau et l’électricité à la population. Cette semaine, des réunions d’urgence se sont multipliées entre le gouvernement et les dirigeants de la Jirama. Mais aucune solution n’a filtré et tous ont refusé de s’exprimer au micro de RFI.

Olga a beau appuyer sur l’interrupteur, aucune lumière ne sort de l’ampoule : « Dans notre quartier c’est presque tous les soirs qu’il y a des délestages, au minimum quarante-cinq minutes, pile au moment où on a besoin d’électricité ». Et cerise sur le gâteau, ce mois-ci, sa facture a augmenté de 20%.

Sous couvert d’anonymat, un dirigeant de la Jirama explique que ces délestages sont dus à l’augmentation du prix du gasoil. A dépenses égales, l’entreprise achète moins de carburant qu’il y a trois mois. Alors, pour compenser, on rationne la distribution d’électricité.

Christor Andriamiahaja est le président national du syndicat SEMM à la Jirama. Pour lui, le problème aujourd’hui, ce sont les centrales thermiques, trop gourmandes en gasoil. Il faut donc entièrement repenser la manière de fabriquer l’électricité à Madagascar : « La solution à long terme ce sont les installations des centrales hydrauliques. On souhaite que la Jirama ait une ou plusieurs centrales hydrauliques en plus. Bien sûr que ça coûte très, très cher, mais pourquoi le Bénin, par exemple, arrive à construire ça et pourquoi Madagascar ne pourrait pas faire pareil ? »

D’après le syndicaliste, la construction d’une nouvelle centrale hydraulique prendrait trois ans. En attendant, Christor et ses collègues proposent une autre solution : « se lancer pleinement dans les énergies renouvelables, moins coûteuses et rapidement fonctionnelles ». Encore faudrait-il que ces solutions soient entendues. Aucun des syndicats n’a été convié cette semaine à la table des réunions d’urgence