Madagascar: enquête et émotion après le meurtre de deux jeunes Français

A Madagascar, les circonstances sur la mort des deux jeunes Français tués dans la nuit du 20 au 21 août sur l’île Sainte-Marie ne sont toujours pas élucidées, mais il y aurait tout de même quelques avancées dans l’enquête. Le garçon et la fille, âgés d’une vingtaine d’années, étaient volontaires pour une association de protection des mammifères marins, CétaMada.

A ce stade, les circonstances de la mort des deux jeunes Français sont encore non élucidées. Cependant, selon le ministre du Tourisme et le consul général de France, tous deux présents ce lundi matin à Sainte-Marie, il y a quand même quelques avancées dans l’enquête.

Ils ont évoqué des pistes sérieuses. Devoir de réserve oblige, ils en sont restés là. On en sait en revanche un peu plus sur le déroulé de la soirée. Samedi soir, la boîte de nuit du club de Sainte-Marie accueillait le concert d’un chanteur malgache très réputé. D’après les agents de sécurité, « c’était chaud, c’était très alcoolisé » et l’ambiance était même « électrique », dit-on. Entre 200 et 300 personnes étaient présentes et les agents de sécurité ont dû souvent intervenir pour mettre un terme à des débuts de bagarres.

Les deux jeunes auraient été aperçus quittant la boîte de nuit vers 2h30. Leurs corps ont été retrouvés le lendemain vers 6h. Que s’est-il s’est passé entre temps ? Aucune information ne filtre pour le moment.

Deux jeunes étudiants

Les deux Français étaient étudiants dans le domaine scientifique et étaient arrivés comme les 26 autres éco-volontaires, membres de cette promotion, à la fin du mois de juin. RFI les avait d’ailleurs rencontrés à la fin du mois de juin pour un reportage. Ils devaient être formés sur la préservation des cétacés.

La jeune femme avait rallié l’équipe scientifique de l’association tandis que le garçon faisait partie de l’équipe des guides et était donc au contact avec les touristes. Elle aurait dû achever sa mission à la fin de ce mois d’août tandis que le jeune homme, lui, aurait dû quitter Sainte-Marie début septembre.

Sainte-Marie en état de choc et de détresse

A Sainte-Marie, les gens sont en état de choc et de détresse. Les dirigeants de l’association se sont tous réunis ce lundi matin pendant deux longues heures dans une sorte de cellule psychologique où tous ont pu prendre la parole, chacun leur tour, pour essayer d’évacuer la détresse.

Aujourd’hui, les membres de CétaMada restent très discrets. Aucune prise de parole à destination des médias n’aura lieu, par devoir de réserve d’abord, pour ne pas nuire à l’enquête. Pour eux, mais aussi pour les familles des victimes, les habitants de l’île et les membres de Cétamada, la priorité est que le coupable soit trouvé. Et vite.

Les éco-volontaires devront être auditionnés par le commissaire de police. Puis, à défaut de pouvoir le faire aujourd’hui, ils ont décidé de rendre un hommage mardi matin en allant en mer jeter des fleurs. Ils ont également décidé de rester tous sur l’île pour accompagner les dépouilles de leurs camarades. Celles-ci seront acheminées vers l’aéroport pour être rapatriées, dans « moins d’une semaine », dit-on. Une marche silencieuse sera organisée avec toute la population de Sainte-Marie, une manière de faire le deuil tous ensemble.