L’opposition guinéenne s’attaque à la Ceni

L’opposition guinéenne envisage de porter plainte contre le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé, et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Elle les accuse d’être responsables de la « confusion » qui régnerait selon elle, dans la répartition des quotas des démembrements, dans la perspective des élections communales et
communautaires.

Le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla, a déclaré à cet effet, que cette plainte qui sera déposée ‘’le plus tôt possible », est motivée par le refus de ces institutions de se prononcer sur la situation conflictuelle créée lors de la mise en place des démembrements de la Ceni.

Car dans ces 38 circonscriptions électorales concernées par l’opération, des représentants de l’Union des forces républicaines (Ufr) de Sidya Touré, parti allié de la majorité présidentielle,
se seraient présentés comme étant de l’opposition.

Ce qui compromettrait la juste répartition des quotas des démembrements, selon l’opposition, qui considère que l’Ufr ne fait plus partie de l’opposition, depuis la publication des résultats de la présidentielle du 11 octobre 2015.

« Nous avons engagé des poursuites contre la Ceni et le ministre de l’Administration du territoire qui refusent de se prononcer, et qui ont créé la confusion dans cette répartition des partis politiques en fonction des différentes mouvances. Nous avons donc demandé à ce que la justice se prononce sur le sujet. Parce que ni le ministre de la Justice, ni le ministre de l’Administration du territoire saisis à cet effet par un courrier de l’opposition, et qui ont accepté de recevoir
en audience une délégation de cette opposition, ni la Ceni ne veulent se déterminer sur les répartitions des partis selon leur mouvance », ont-ils relevé.

Alors que cette question est réglée par la loi », a déploré Aboubacar Sylla, à propos de cette crise.

De son côté l’Ufr, qui bien qu’ayant annoncé son retrait de l’opposition républicaine, tout en annonçant avoir scellé un pacte avec le pouvoir, dit être en droit de disposer de démembrements, dans les quotas accordés à l’opposition. Cela tant que la Ceni n’aura pas subi une refonte.

Les préparatifs des élections locales s’annoncent donc houleux, à cette allure, avec l’opposition qui n’entend pas rester les bras croisés, face à ce qu’elle qualifie de « confusion », entretenue par
le gouvernement, en vue de la distraire, alors que les élections pointent à l’horizon.